“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

mardi 28 mars 2017

CINDY LEE BERRYHILL - The Adventurist (2017)






OO
audacieux, apaisé, soigné
Folk rock, pop


« Love could bring us together/and love can pull us apart/you better check your weather/and the weather things of the heart ». Ça sonne comme une évidence, un essai sur les émois relationnels éprouvé mille fois, mais le temps du disque, il devient clair que cette tentative révèle un geste d'une grande amplitude et force, visant à relier les volontés éparpillées de Cindy Lee Berryhill pour la réassoir au cœur d'un certain pouvoir de création. The Adventurist, enchaînant fantaisies et fulgurances de l'imagination, est consacré à recoller Berryhill, lui permet de restituer aux autres le support émotionnel récolté malgré elle. Longtemps elle fut retenue aux côtés de son mari handicapé par une attaque cérébrale. Il s’appelait Paul Williams et il s'agissait d'un journaliste renommé. En retour de son expérience où les mots n'étaient peut être pas aussi importants que les attitudes et les gestes, où le bonheur avait tendance à se déliter, elle agglomère de quoi nous subjuguer.
Il y a quelque chose d'alerte et de vif dans la voix de Cindy Lee Berryhil, elle fait penser à celle de Kristin Hersh ou Tanya Donelly de Throwing Muses. On l'entend fermement décidée à donner le maximum, à faire s'entrechoquer les années écoulées depuis Beloved Stranger (2007). Les mélodies prennent une place particulière pour donner au disque sa clarté, sa liberté de ton et de style, et son émerveillement, avec l'utilisation de nombreux instruments à cordes.
The Adventurist embrasse le monde, invente et élargit les possibilités d'une vie dans laquelle Berryhill n'a plus envie d'un jour se ressemble. Elle exauce les vœux, fait des percées subtiles et franches, profitant d'une musique profondément ancrée et soulignée par la gravité du violoncelle, à l'image du blues Horsepower. « You got the weight of the world on your hands ». Cette phrase résume l'album, il y a cette envie de tout impliquer, et cette sensation d'un poids qu'il faut supporter avec soi, en soi. Passer dix ans de sa vie à faire le deuil de la vie d'avant alors que la personne qu'on aime est pourtant toujours là, d'une certaine manière. The Adventurist est un triomphe personnel, que Cindy Lee Berryhill réussi à transformer en moment magique pour nous aussi. Après quelques mesures d'orchestre pénétrant, Horsepower se termine dans une luxuriance improvisée. Le marimba y produit une autre couleur que le vibraphone.
La désinhibition est à l’œuvre, et les émotions sont réécrites dans un langage très singulier faisant l'originalité de l'album. Une impressionnante cohorte de musiciens y ont participé. Probyn Gregory (banjo, basse, guitare acoustique, cor) et Nelson Bragg (batterie, percussion, vibraphone, instruments fabriqués de toutes pièces) viennent du groupe de Brian Wilson (Beach Boys), et sont parfaits pour enjoliver ce qui devient des scénettes à caractère de plus en plus harmonieux et nécessaire au fil de l'album. C'est l'impression renvoyée par Gravity Falls, avec cor, violon, violoncelle. Pourquoi se répandre autant, si ce n'est pour se rendre au besoin impérieux d'être aimé et de chérir la vie avec fougue, un emportement tempéré par la conviction de l'importance vitale de son propre combat. Même si elle chante « vous », on comprend « nous tous », et elle a l'honneur d'être la première, celle qui produit l'étincelle du sentiment : “You can’t fight the feeling/Like a mountain on fire starts with a spark/Not a matter of reason, an affair of the heart.” sur An Affair of The Heart

On revient à Somebody's Angel :  elle exprime la passion qui ne se tarit pas. But I’m still young enough to want someone to hold through the night.” 

dimanche 26 mars 2017

SORORITY NOISE - You're Not As... As You Think (2017)



OO
intense, sensible
pop, indie rock, hardcore

Un album concis, prenant le parti d'aller directement vers ce qui provoquera chez leurs jeunes auditeurs le réconfort au milieu de leur désarroi. Sorority Noise abandonne toutes les poses indie rock, les prétentions par lesquelles beaucoup d'autres tentent d'être pris au sérieux. Ce qu'ils ont à faire est tourné vers l'intérieur, nous parle de résolution et de résilience. Et pour bien se situer, entre ses pensées les plus sombres et l'auditeur, le chanteur Cameron Boucher semble émerger à contrecoeur d'un sommeil difficilement gagné. « The last week/ I've slept eight hours total. » commence t-il sur No Halo. Il embrasse la mélodie mieux que jamais, chose remarquable étant donné le ton qu'il prend, celui d'une conversation morne. Ce décalage caractérise la plus belle qualité de l'album, le peu d'efforts qu'il met à atteindre des sommets. Sorority Noise humanise les sentiments que d'autres se contentent d'interpréter. La production atmosphérique, presque douce par moments, fait briller les moindres revirements et donne un relief vertigineux à des chansons pourtant réduites au plus strict nécessaire. Ils excellent avec les tempos lents et suscitent une sérénité sourde avec First Letter From St Sean ou Leave the Fan On

Cameron Boucher a vécu avec une impuissance encore plus grande, question de génération, ce que Neil Young avait exprimé avec Tonight's the Night : les dommages létaux de la drogue sur son entourage. Plus un suicide, certains diront que ça revient au même, mais pas ici. Chaque cas dépeint dans ces chansons de pop hurlée est éprouvé avec une distinction et une délicatesse que l'on imagine aisément entrer en résonance avec le public 'trash' sensible américain. Cameron Boucher sait pourtant si bien nous engager, à chaque hurlement. Avec l'art d'être frontal tout en nous donnant l'impression d'une apaisante maîtrise, cet album est un tour de force.
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