“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

intense (74) soigné (74) groovy (68) Doux-amer (59) ludique (59) poignant (59) envoûtant (54) entraînant (53) original (52) communicatif (47) sombre (47) lyrique (46) onirique (46) pénétrant (44) sensible (44) élégant (43) apaisé (42) audacieux (42) attachant (40) hypnotique (40) lucide (38) vintage (38) engagé (35) intemporel (31) Expérimental (28) Romantique (27) frais (27) intimiste (27) orchestral (26) rugueux (26) efficace (25) fait main (25) spontané (25) contemplatif (23) varié (23) funky (21) extravagant (20) nocturne (20) puissant (20) sensuel (18) inquiétant (15) lourd (15) Ambigu (10) heureux (10) épique (10) culte (8) naturel (3)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

lundi 21 décembre 2009

Assemblage fanzine

Imprimer les 6 feuilles A3 recto/verso et agrafer.
Ordre : Couverture/page édito/portrait/dossier/"découvrir"/"comment acheter"/trip top

jeudi 17 décembre 2009

Don Cavalli - Cryland (2009)



Article en provenance du site associatif Pinkushion - écrit par Christophe Leiciaguecahar


Il ne manquait plus que le blues dans cet énorme concert de guitares azimutées. Et quitte à balancer un blues, autant qu’il vienne du fin fond du Mississippi. A moins que...

Dès les premières notes de Cryland, nous voilà transportés chez Slim Harpo, ce gandin au sourire inaltérable, à la guitare aguicheuse et à l’harmonica chatouilleur. Jusqu’à la voix, traînante à souhait, Gloom Uprising nous promet un vibrant hommage à celui qui fut la source d’inspiration principale des Rolling Stones lors de l’écriture d’Exile On Main Street. A moins qu’il ne s’agisse de la six cordes de Robert Belfour ou de la batterie de Super Chikan, illustres hôtes du formidable label Fat Possum.

Funeste erreur, Don Cavalli est né loin, très loin du bayou. Il est même carrément né en région parisienne. La divine surprise de Cryland n’en est que plus grande. Ce blues originel, charnel et cru, cette basse énorme et cette batterie intouchable, le tout emmitouflé dans un son plus-vintage-tu-meurs (analogique, le son, bien sûr). Tout nous pousse à croire que ce disque est une énième et néanmoins formidable réhabilitation d’un vieux bluesman tout juste sorti de taule ; à l’instar du regretté R.L. Burnside qui refit surface en 1996, épaulé par un Jon Spencer en pâmoison, sur un disque d’anthologie, A Ass Pocket Of Whiskey. D’ailleurs, R.L. n’est pas totalement absent de Cryland, on y entend les réminiscences funky de sa toute fin de carrière sur le reptilien Aggression.

On ne parle pas de ce blues insupportable, aux soli de guitares longs comme des campagnes électorales, au son lissé à l’extrême et aux paroles désespérément vides. En clair, on ne parle pas de ce suppôt d’Eric Clapton. Non, il s’agit bien de ce blues roots, trash et fondamentalement poisseux. Ce blues qui donna par la suite naissance aux plus grandes heures de la soul la plus imbibée, celle de Melvin Van Peebles à l’époque de son redoutable Sweet Sweetback’s Baadasssss Song - soit le climax de la Blaxploitation. C’est à peu de chose près ce que donne à entendre Here Sat I (Off Jumps The Don). Plus loin, Vengeance nous rappelle même Skip James. Autant dire que Don Cavalli connaît son Petit Fûté Du Blues Sale Comme Il Faut sur le bout des doigts.

Il est donc particulièrement difficile, pour un mordu du blues, de parler de ce Cryland. Faut-il mettre en avant cette écriture limpide et évidente, ce son daté au carbone 14, cette pédale Wah-Wah Cry Baby (d’où le titre de l’album) utilisée ad libitum ? Faut-il encenser cet hommage plus que parfait à ceux qui construisirent la légende aujourd’hui encore à peine effleurée ? Faut-il se féliciter d’avoir, de ce côté-ci de l’Atlantique, l’homme capable de faire la nique à Jon Spencer en deux accords (ou peut-être trois) ? Ou au contraire faut-il se méfier comme de la peste bubonique de cette relecture Ocora Radio France d’une musique que l’on aime jusqu’à la moëlle ?

La réponse fuse, on applaudit des deux mains. Oui, mille fois oui, Cryland est un bijou du genre, une vraie tuerie blues déjà intemporelle. Car il est évident que Don Cavalli n’a peur de rien, et de ne surtout pas s’attaquer à la face nord de cette musique si simple d’apparence et si compliquée dans son histoire et dans les multiples variantes qu’elle propose, des plus putassières aux plus décharnées, des plus mainstream aux plus obscures. Don Cavalli, fort d’un talent décidément incontestable, de survoler pas moins de 70 ans de blues, en passant même par sa frange cajun. Cryland est le talweg inespéré de tout ce que compte la musique noire américaine à peine libérée des chaînes de l’esclavage. Et donne envie de retourner illico dans les bacs à soldes maflus des quelques disquaires encore sur pied pour y dégoter toutes ces rééditions de vieux bluesmen immortels.

Alors pour ce disque totalement anachronique aujourd’hui. Pour cette musique qui remporterait finalement tous les suffrages s’il fallait décamper fissa sur une île déserte. Pour le hit imparable New Hollywood Babylon. Pour cette voix enfumée et capable de tout. Pour ces chansons érectiles. Pour toutes ces raisons, on érige Don Cavalli en héros.


mardi 15 décembre 2009

The Mountain Goats - The Life of the World to Come (2009)


Parution : 6 octobre 2009
Label : 4AD 
Genre : Folk-rock
A écouter : Genesis 3:23, Hebrews 11:40, Romans 10:9

7,50/10
Qualités : habité, poignant

The Mountain Goats est un trio Californien énigmatique. Un groupe au travail d’une consistance rare, et d’une intensité que n’atteignent beaucoup de musiques jouées plus fort. Rythmiques et mélodies souvent linéaires sont jouées avec conviction, dans des genres allant de la balade au piano, jusqu’à de sèches et féroces embardées dans un ronflement de guitare. Par-dessus, une voix magnétique, vaguement menaçante, qui raconte de courts récits. Le chanteur John Darnielle y mélange avec astuce des images de la vie que l’on vit avec celle que l’on aimerait vivre, renvoyant les fantasmes à leur abrupte réalité. Raconte les extrêmes, invente (sur Tallahassee, 2002) et reprend des personnages, ou encore raconte sa propre histoire (The Sunset Tree, 2006). Les talents de Darnielle se rapprochent de ceux d’un conteur, ce qui en fait naturellement un excellent songwriter. Il se compare à Rainer Maria Rilke, un poète qui capturait l’émotion seulement avec les mots. The Life of the World to Come profite encore un peu plus de l'expérience accumulée au fil des années. C'est, plus que jamais, un disque basé sur des concepts ; le défi de la foi, et l'incongruité de l'homme.
Pourquoi donner aux morceaux le nom de passages de la Bible ? Récit très imagé, conte irrationnel nourri de seconds rôles symboliques, Darnielle y a trouvé matière à rapporter quelques scènes apocalyptiques, qui nourrissent ses réflexions sur la mort et l’au-delà ; mais le tout est finalement excessif, de manière à bien mettre en évidence l’idiotie à vouloir incarner un personnage biblique. Un homme n’aura jamais assez de qualités ou de défauts, nous dit Darnielle, pour devenir un Samuel, ou un Matthew - qu'il reste simplement un homme ! Dénués de toute prétention, des chansons comme Philippians se parent d'une forte humanité. 
The Life of the World to Come profite encore un peu plus de l'expérience accumulée au fil des années. C'est, plus que jamais, un disque basé sur des concepts ; le défi de la foi, et l'incongruité de l'homme.

Contenant rebondissements et désillusions, ce disque à la narration puissante rassemble, selon Darnielle, « douze leçons que la Bible lui a données, en quelque sorte ». Seulement, après y avoir réfléchi, ces leçons deviennent des visions que Darnielle offre à son auditeur.
John Darnielle est un grand interprète, habitant parfaitement bien les portraits ironiques de son disque. Mais, musicalement aussi, ce disque est une réussite remarquable ; Genesis 323 évoque un peu les Dire Straits, marquant dans sa base dynamique et dans sa feinte légèreté. Psalms 402 est formidable, proprement habité par Darnielle qui n’aura pas de second éclat de cette trempe ; voix vibrante et angoissée. Sur Hebrews 11:40 ou Romans 10:9, le groupe développe autour d’une mélodie discrète, en apesanteur, les variations d’une même riche méditation, qu’accompagnent cellos et tambourins.


dimanche 13 décembre 2009

Jesca Hoop - Hunting my Dress (2009)






Parutionseptembre 2009
LabelColumbia
GenreFolk alternatif
A écouterThe Kingdom, Angel Mom, Murder of Birds
/106.25
Qualitésoriginal, groovy,

Sur Murder of Birds, l’un des titres du nouveau disque de Jesca Hoop, Guy Harvey, de Elbow, participe. C’est peut être un hasard, mais pourtant Hunting my Dress est plus crépusculaire que son prédécesseur, et la formation de Harvey est bien connue pour faire surnager une humeur de grande mélancolie dans sa musique.La jeune artiste californienne décidait, entreprenant ses premières coupures, de créer une musique hybride entre jazz des années 30, hip-hop et folk ; ce dernier genre, on le sait, est clairement celui par lequel on peut créer sa propre identité avec le plus d’aisance. C’est dans le mélange que Jesca Hoop a trouvé sa voie, alors qu’elle réapprenait à chanter d’une manière qui lui seyait mieux – elle a pourtant su chanter avant même de savoir parler. En réalité, elle souhaitait habiter des univers presque fabriqués pour elle ; entre Walt Disney et Jim Harrisson.
La production est musclée, mais respire aussi. Whispering Light est animé par un cœur étrange, candide, tandis que court une guitare entétée. On pense à Elvis Costello. Il y a peut être dans ce mélange nouveau, culminant sur Feast of The Heart, un peu de la bizarrerie des années 80 – quelques éléments électroniques soulignant que le voies empruntées par Hoop sont voulues plutôt neuves, malgré ses airs de Dalva. Les basses et les guitares sont incisives. Cela en conservant un sens aigu de l’intimité, en multipliant les murmures, les prises de voix.

Il me semble que le disque souffre d’un manque de cœur. C’est sans doute la manière de Hoop de ne pas incarner ses morceaux, mais de les peindre avec une distance un peu perfectionniste ou cérémonieuse. Cela ne retire rien à son talent, qui réside surtout dans a manière qu’elle a de faire sauter les frontières, et à la longue à imposer son style, comme un coup de pinceau particulier ; c’est celui de Tulip ou Four Dreams, genre de canevas étiré qui joue plusieurs mélodies et interprétation tendue, cassante qui donne un vrai mouvement.
 
Hunting my Dress est assez compact, vite exécuté – il n’a pas le pouvoir apaisé d’un disque de folk, souvent plus lent à se mettre en place. Malgré quelques  échos étourdissants, ce disque perd en profondeur ce qu’il gagne en courts moments de bonheur. Les refrains sont son point fort, en dehors peut être de Angel Mom, suffisamment réussie dans un style plus lent, beau et habité que le reste. Ailleurs, sur The Kingdom par exemple, ce sont quelques instants isolés qui comptent, qui nous y font revenir.

 

Lightning Bolt





Duo turbulent de Providence (Rhode Island). La formation initiale comptait bien un guitariste et chanteur, mais qui ne fut pas remplacé lorsqu’il décida de quitter le groupe. On peut se demander ce à quoi Brian Chippendale pensait quand il décida que, dorénavant, il s’occuperait du chant en plus des fûts. Le corps sec et nerveux, le voir  en concert revient à assister aux premières avancées d’une guérilla descendue de sa montagne  - où elle a déjà tout fait péter - jusque dans centre-ville,  par une brèche qui peut aussi bien être une faille temporelle – leurs instruments étant transformés en outils de science-fiction. 

Avec son acolyte Brian Gibson, ils sont de la Rhode Island School of Design. Pourtant leur propre conception du confort et de l’espace laisse à désirer. Sur le plan des concerts, le public à tendance à empiéter fortement sur leur espace vital. 

Alors que le succès scénique du groupe s’intensifie, Chippendale et son colocataire et compagnon d'école Matt Brinkman commencent à mettre en place Fort Thunder, un hangar désaffecté situé dans le quartier Olneyville de Providence. Le lieu sert de local de répétition à des groupes et musiciens d'avant-garde locaux, notamment Brian Ralph, Arab on Radar ou Lightning Bolt.

Compressé, agressif, plein de riffs répétitifs et de roulements de caisse échevelés, le son Lightning Bolt secoue méchamment. Bolt est propulsé à une vitesse qui frise le téléport d’atomes, ce son est la capture d’un chaos à peine maitrisé dans une boîte de taille deux fois inférieure à celle prévue. 

Suite à de longues tournées nourries d’improvisation, Lightning Bolt va signer chez Load Records, avec la révélation qu’il peut faire des disques de cette énergie en forme d’orbe rageur en guise de musique. Dès lors, inutile d’essayer de les freiner avec votre semelle ; les disques s’enchaînent. Wonderful Rainbow, Hypermagic Mountain et Earthly Delights sont les plus récents, qui permettent à vos speakers d’importer tous les parasites par d’autres révolus d’un son devenu chez d’autres clair et sans tâche. 

Un retour au grain le plus acide qui n’empêche pas les compositions quasi-instrumentales et frénétiques du duo d’être d’une précision millimétrée, et de marier de nombreuses influences. Ainsi, le noise rock japonais croise la country sur leur nouveau disque, et ils citent des influences Philip Glass et Sun Ra. 

L’inventivité est aussi au rendez vous pour élever influences et énergie folle vers des endroits toujours plus originaux et extrêmes. Pour chanter, Chippendale se sert ainsi d’un micro de téléphone plutôt que d’un micro conventionnel, ce qui compromet beaucoup ce que l’on peut comprendre des paroles effectivement chantées. Surtout qu’il est connecté à un boitier qui altère la voix de manière à la faire ressembler au cri de la police spatiale. L’électronique lui permet aussi  de densifier son jeu de batterie déjà ultra-rapide. 

Quand à Gibson, il joue de sa basse accordée comme un violoncelle, et y met une corde de banjo pour faire bonne mesure. Malgré cette exigence particulière à l’égard de l’expressivité de leurs instruments et  l’utilisation particulièrement technique qu’ils en font, Lightning Bolt attribue surtout son succès au fort volume de leur concerts. A voir live avec The Power of Salad (2003), concert enregistré. 

 

New Order



(Inspiré par Wikipédia)




Formé en 1980, New Order est un groupe new wave / electro-pop britannique originaire de Manchester. Il se compose au départ des membres restant du groupe Joy Division dont le chanteur Ian Curtis s'est suicidé. À la suite de ce drame, ils optent pour un changement de nom et adoptent celui de New Order, sur une suggestion de leur manager, Rob Gretton. Ce nom a fait l'objet de polémiques, comme celui de Joy Division qui pouvait faire allusion à l'époque nazie.



Le groupe comprend Bernard Sumner (dit Barney ou encore, dans Joy Division, Bernard Albrecht, Bernard Dicken) au chant, à la guitare et aux claviers, Peter Hook (dit Hooky) à la basse et Stephen Morris à la batterie. Gillian Gilbert, la compagne de Stephen Morris, rejoint les trois anciens de Joy Division dès la fin 1980, aux claviers et guitares. Elle est remplacée en 2001 par Phil Cunningham (ancien guitariste du groupe Marion, autre groupe de Manchester).



Leur premier album Movement (1981) garde une identité très Joy Division dans le son et aussi la façon de chanter de Bernard Sumner qui rappelle Curtis. Ensuite, le groupe explore d'autres voies, plus électroniques et dansantes. Innovateur par son mélange des genres post punk et house, New Order est considéré comme l'un des groupes les plus acclamés et influents des années 80 avec Depeche Mode, The Cure, Eurythmics, Simple Minds et U2.



Devenant peu à peu plus électroniques et froids, l’influence de Kraftwerk sur le rendu de leur musique n’est pas à négliger. Ils parviennent pourtant à insuffler une humeur particulière à leurs compositions. Le bassiste Peter Hook contribue au son de New Order par son jeu de basse très caractéristique, souvent assez “aigu”, mélodique plutôt que rythmique. Le batteur et programmeur Stephen Morris mélange souvent batteries acoustique et électronique.


Comme la plupart des groupes du label Factory, ils ont fréquemment recours au design minimaliste de Peter Saville : pochette n'indiquant pas le nom du groupe, ou même le titre de l’album. Cette esthétique a évolué avec leur changement de label, mais la participation de Peter Saville reste régulière.


Le groupe a aussi la réputation de ne donner que peu d’interviews, pas toujours à juste titre, ce qui renforce cette image d’un groupe qui ne joue pas forcément le jeu de la promotion médiatique.




(Fin de l’inspiration Wikipédia, que je vous conseille de consulter pour plus de détails)



New Order est l’un des plus grands groupes anglais de tous les temps, tout simplement. Malheureusement, ils se sont séparés en 2009. Bernard Sumner a formé Bad Lieutenant avec Stephen Morris et deux autres musiciens.



Discographie sélective

  • Movement (1981)
  • Power, Corruption and Lies (1983)
  • Low  Life (1985)
  • Brotherhood (1987)
  • Technique (1989)
  • Republic (1993)
  • Get Ready (2001)
  • Waiting for the Siren's Call (2005)

samedi 12 décembre 2009

Devin Townsend - Quadralogie ou l'évènement de l'année.



A titre d'archive, voilà comment Townsend voyait la quadralogie avant la sortie de Ki cet été...

Devin Townsend a prévu de sortir 4 albums liés à la fin du printemps ou au début de l'été 2009, Devin a déclaré ce qui suit sur son forum officiel concernant ce nouvel album :

"Yo...un truc énormément compliqué, du métal dynamique, "symphonique", principalement instrumental (sauf pour les sortes de choeurs à la con), long de 72 minutes. Je l'ai déjà commencé et c'est vraiment excessif, le plus complexe à ce jour. Titre provisoire : 2 (Ziltoid était 1)... peut importe comment il s'appelle, il aura un 2 dans le coin en haut à droite. Peut-être en décembre? Sérieusement, VRAIMENT excessif, des TONNES de guitares... des TONNES de solos, des TONNES de couches, des bouts de Devlab et de Hummer, de la beauté, de l'horreur... pas de coupures entre les chansons... des passages très calmes et épurés... Pas de loufoquerie comme Ziltoid... Je le vois comme un gros bricolage, très adulte. Je veux écrire des symphonies, mais je suis un metalleux, donc voilà. Je le trouve très naturel. Faire de la musique sans faire de tournées EST une pause d'après moi."
Devin a aussi déclaré ceci sur son forum le mercredi 30 avril 2008 :
"J'ai des chansons... A Monday, Coast, Disruptr, The Way Home, Lady Helen, Synchronicity Freaks, Gato Negro, Demon League. En y réfléchissant très fort... l'album pourrait s'appeler "Ki" ou "Ki-Ra". Il est très différent et très spécial... très étrange... très minimaliste... profondément réjouissant et très heavy d'une manière nouvelle... peut-être trop sombre pour certains. J'ai travaillé sur cet album plus que sur n'importe quel autre album que j'ai fait, presque autant qu'Ocean Machine (1997). Des fois je pense que c'est brillant et des fois ça me fout les boules. J'ai aussi un album ambiant en travail (Bien que celui-ci soit encore bien loin). Konrad, qui a fait les pochettes de Hummer et Devlab, fait le design et les vidéos et il fait un boulot FANTASTIQUE."
La description de l'album se précise sur le dernier message que Devin a posté sur son forum le 9 septembre 2008 :
"Par le biais de trois années passées à produire des groupes, avec lesquels je me suis toujours bien entendu, mais très peu que j'ai compris, j'ai amassé du matériel et monté un studio d'enfer... Je me sens prêt à être musicien de nouveau.
Je commence dans les 2 mois qui suivent, les préparatifs sont en cours... certains seront au Canada, d'autres seront ailleurs. Il y aura peut-être un concert ou deux.
Même sobre j'écris des trucs totalement barrés, mais, étrangement, ça ne me fout pas mal à l'aise... Je suppose que ça vient de moi. Au moins c'est honnête... bizarre comme "honnête" peut parfois être étiqueté "taré".
L'album contiendra de nombreuses atmosphères, qui seront présentées de façon très intéressante, je pense. Je pars loin vers le nord dans quelques jours pour assembler mes idées.
Ai-je précisé sobre ?
Ouais, il est violent... et sombre, et bizarre, et littéral, et métaphorique, et, pour l'instant, la plupart de mes potes ne le comprennent pas vraiment. Je crois que moi si.
Des guitares NON SATURÉES principalement.
Ce sera mon album le plus merdique... le pire, le plus nul, la bouse la plus chiante que je puisse créer. Je suis allé trop loin, j'aurais du m'arrêter et devenir plombier.
...oh non, merde... Je voulais dire un "classique qui renouvelle le genre"
Ou bien... juste un autre album bizarroïde dans une longue lignée d'album bizarroïdes, et je me demande bien si je les écouterais si ce n'était pas moi qui les composais.
Quoi qu'il en soit... il est route... et il s'appelle "Ki""
Devin a déclaré le 2 février 2009 :
"Ouais, 4 albums. Un apéritif, 2 repas et un dessert. Ki est l'apéritif ... heavy et froid. Ki est la moelleuse introduction à l'histoire (un thème très pertinent, il est troublant). Addicted est l'album suivant, heavy, fun et dansant... J'aime bien les chœurs et les danses. Deconstruction (3ème album) est un régal pour les fans de SYL et Ziltoid ... L'album ambient, (thème du sable) clôturera le tout. Tous chez DTP. Ki est pratiquement terminé. Je vais partir enregistrer Addicted ... (au Népal ?) Deconstruction est terminé, j'ai juste besoin de l'orchestre. Ambient sera une collection d'improvisations. Ensuite, je pars en vacances. "No rest for the wicked." "


vendredi 11 décembre 2009

New Order - Get Ready



Bernard Sumner et son groupe New Order se sont révélés, au cours des années, particulièrement attachants, car capables de créer  et de répéter, sans l’emprise du temps,  une musique dans laquelle on se sentait bien, avec une vision très focalisée et des résultats toujours honnêtes. Le dernier de leurs disques, Republic (1993), laissait entrevoir une certaine lassitude à être New Order.  En 2001, cela fait plus de vingt ans qu’ils entretiennent un feu né à l’implosion de Joy Division (en 1980), le groupe de Ian Curtis, et entretenu par des vélléités qui les ont toujours plus rapprochés de la lumière. Les trois compagnons du mythe Curtis, Bernard Sumner, Stephan Morris et Peter Hook ont joué dans la lumière de leur gloire post-rock avec une discrétion toute à leur honneur, et la qualité de leur travail ne nous laissait seule deviner leur motivation sincère à continuer ensemble.


Aujourd’hui pop caressante et non plus post punk, aérienne et non plus souterraine, la musique du groupe a soutenu les métamorphoses en gardant la flamme – l’âme - qui fait de New Order un groupe plus intéressant et complexe que ce qu’une approche distraite peut suggérer. nombreux admirateurs de Bernard Sumner, le leader passionnant du groupe, le savent ; se passer la compilation de tous les singles qu’ils ont produits das les années 80 ne fait pas parler toute la poudre. C’est comme résumer Talk Talk à It’s My Life (1984).  Pour les rejoindre, il faut sans doute commencer emprunter les sentiers électroniques  profondément  matures de Power, Corruption and Lies (1983), puis s’attarder sur Low Life, et enfin sur la fameuse collection des singles qui sont parus entre tous leurs disques et qui n’y figurent pas –  qui en fait l’une des formations les plus productives de ce genre de first hits dont on dirait bien que la production anglaise s’est lassée aujourd’hui.

 Get Ready est une fenêtre qui laisse deviner ce qu’est le son du groupe au XXI èeme siècle, après une décennie un peu creuse. Un disque qui annonce leur dernière transformation (New Order va cesser d’exister en 2009), vers plus de guitares. Un son plus rock alternatif et moins techno-pop comme il l’était à l’époque où l’admiration pour Kraftwerk les conduisaient à leur offrir de nombreux clins d’œil, sans jamais pourtant les plagier. Comme les pionniers de l’électro Allemande, il sera fréquent que l’on demande au groupe comment ils ont obtenu tel ou tel élément de percussion sur les disques qu’ils ont produits dans les années 80. L’époque des boites à rythmes et des batteries électroniques donc. Aujourd’hui, c’est un son plus organique, plus naturel, en témoigne l’utilisation systématique par le programmeur/batteur Stephen Morris d’un jeu live en plus des beats électroniques.

 Plus chaud, il perd ce genre d’agressivité surnaturelle propre à un groupe qui savait sonner, en 1983, juste un peu différemment de ce qu’on s’attendait à percevoir – comme Kraftwerk qui, sur des albums tels que The Man Machine (1977) ont bien joué avec les appréhensions de l’auditeur.


Peter Hook est, on ne peut le laisser de côté, un excellent bassiste. Sur ce disque, les tempos rapides ( Crystal, 60 Miles an Hour, Primitive Notion), lui permettent de s’en donner à cœur joie, délivrant un rock plus enlevé que par le passé.

Get Ready sonne un peu comme l’album d’une légende qui refuse de s’esquiver, malgré sa faiblesse évidente à briller de nouveau. Empruntant des chemins de traverse, des voies qui rendent souvent le résultat sympathique et mélodieux sans secouer autant que par le passé, le disque joue beaucoup sur une touche distinctive, cette fameuse poudre d’étoile qui donne aux morceaux leur âme et les sauve de n’être que suite de bonnes chansons pop. Auprès des admirateurs du travail du groupe et de leur son si reconnaissable, le disque opère d’un fort pouvoir de mélancolie – temps qui n’est plus vraiemnt là, ais qui persiste tout de même à pointer son nez, au milieu de productions radio sans âme, sans vie. Parfois, Get ready est vraiment émouvant, et à mon avis, la mystique qu’il protège jalousement est plus grande que celle de formations comme Cure ou Depeche Mode – je ne compare pas la qualité du contenu. Il y a dans ce disque un genre de langueur qui fait de son tout une œuvre de qualité supérieure à la somme de ses parties.

 S’il l’on tente de démystifier l’ensemble, Crystal, Primitive Notion, Rock the Shack ou Close Range en sont les sommets, malgré des longueurs – avec cette propension étrange à renâcler de terminer les titres. 60 Miles an Hour est fait pour la radio, tandis que Someone Like You démarre avec des accents inquiétants, avant de devenir un improbable galimatias mélodique ; tous deux semblent un peu datés.

 Il y a aussi l’aspect volontairement enfantin de certaines paroles, et qui rappelle le rapport particulier de Sumner à sa condition de parolier, chose qui lui est tombée dessus, un jour, par hasard. Le point de remontrnces du disque s’il devait y en avoir…  Mais la course est tellement belle que c’est comme de maudire des marathoniens de ne pas participer au cent mètres. Crystal va briller jusqu'à la fin de cette décennie, en en étant l’un des tous meilleurs morceaux.

  • Parution : 27 Août 2001
  • Label : London Records 90
  • Producteur : New Order
  • A écouter : Crystal, Primitive Notion, Close Range

  • Appréciation : Méritant
  • Note : 6/10
  • Qualités : groovy, attachant, frais 

No Age




No Age est un duo de Los Angeles constitué du guitariste Randy Randall et du batteur Dean Allen Splunt. Ils font partie des chanceux à avoir un ticket pour Sub Pop Records ; la mythique maison de disques de Seattle qui  lança Nirvana. Le nom du groupe provient d’une compilation instrumentale parue chez SST Records un autre label américain teigneux. Spunt a travaillé dans un magasin de disques à Los Angeles , et on imagine qu’il en a écouté beaucoup, des disques. Des quantités déraisonnables d’underground, des bacs de rock indie, des tonnes de DIY (Do It Yourself). Le son de No Age a été décrit par Sub Pop comme la puissance de tempête de l’histoire du rock qui passe dans un conduit d’aération », ou à peu près ça. Une chose est sûre, leur musique est un courant de notes parfois aggressives, mis le plus souvent seulement plaintives à la manière de My Bloody Valentine.  On ressent de moins en moins leurs influences hardcore et punk même noise, l’attenhtion du duo étant portée, dans leurs plus récents travaux, à façonner un genre d’hélice sonore qui se meut avec davantage beaucoup d’élégance et pas de cynisme. Il n’y a pas l’obsession d’inventer un son neuf – plutôt de remettre aiu goût du jour quelques sensations trouvées dans les années 1990, et qui n’ont cessé de perdre du feu depuis. 


Groupe très productif et qui évolue vite, si on en croit le dernier quatre titres, Losing Feeling paru en 2009. Ils n’ont plus rien de garage (entendre : de grossier) ; même des paroles chantées de travers vont juste donner l’un des titres les plus brillants de l’année, appelé sans fausse modestie Genie. Pas leur premier EP ; en 2007, ils en font paraître 5 le même jour, sur des labels différents. Le genre d’attitude désinvolte qui doit les rendre insupportables auprès des journalistes. Ils rassemblent toutes ces épluchures pour un faire un genre de disque encore peu attachant, Weirdo Rippers. Ils font aussi quelques concerts pour défendre des bonnes causes, en jouant dans des endroits peu conventionnels, comme à la Los Angeles River pour protester contre la construction d’un aqueduc. Le duo bon enfant commence à répandre son message internationalement en 2008 avec Nouns. L’artwork du disque est très poussé, le nom « Nouns » apparaissant dans une police crée pour le groupe. La version CD comporte un livre d'une vingtaine de pages. Colin Greenwood de Radiohead apparaîtra lors d’un concert avec un tee shirt à effigie de No Age, indiquant ainsi son support au duo. Bradford Cox, acclamé  cette année pour son disque « Logos », révèle qu’ils sont son nouveau groupe préféré. Maintenant qu’ils ont une large reconnaissance, autant de la presse – New York Times, etc. que de leurs collègues, il ne leur manque que l’essentiel – se faire ue plus large place sous le soleil du public.  




Discographie



mercredi 2 décembre 2009

No Age - Losing Feeling (2009)



Parution : 6 octobre 2009
Label : Sub Pop
Genre : Garage rock, shoegaze
A écouter : Les 4 morceaux de bout en bout !

Note : 7.25/10
Qualités : frais



No Age est un groupe qui apprend vite. Enchainant les concerts avec une frénésie exemplaire, ils décident de donner à leur maison de disques, Sub Pop, une nouvelle raison de les féliciter. Un EP de quatre titres, s’il sort au moment opportun – ici, à la suite de Nouns (2008), l’album acclamé qui les a propulsés parmi les favoris de l’amérique alternative  - est tout à fait profitable. Moins de travail à fournir, et pourtant un objet tout à fait abouti, vendu en 12 pouces comme un album à part entière, et qui plus est avec une superbe pochette. Leur son est un peu noisy, agressif  ? Pas de problème, ils y trouvent le contrepoint pop de luxe (le morceau Losing Feeling) tout droit emprunté aux My Bloody Valentine.


C’est aussi à leur prédilection pour les EPS que l’on reconnaissait leurs ainés irlandais. Une poignée de ces précieux sésames sont parus au début des années 90, qui ont quasiment disparu, éclipsés par mes « vrais » albums, Isn’t Anything (1988) et Loveless (1991), tous deux chefs-d’œuvre. No Age, avant de mettre sur le marché leur première galette complète Weirdo Rippers en 2007, ont ainsi donné le jour à 5 ersatz successifs. Une pratique qui peut être justifiée par la volonté de mettre à disposition du public le travail au fur et à mesure qu’il est terminé ; et aussi, si les morceaux trouvent leur cohérence dans cette courte séquence, rien à dire. On peut croire que le format court leur sied puisque Weirdo Rippers (2007) comme Nouns dépassaient à peine les 30 minutes.

"On imagine le corps du morceau se libérer des mains qui essaient de le saisir, traverser le carreau en plongeant et disparaître."



La concision sied particulièrement bien à la formule intense de Dean Spunt et Randy Randall. Ils attirent l’attention, surtout depuis Nouns, pour savoir si bien maîtriser l’étrroitesse qu’ils donnent à leurs enregistrements. Ces quelques pistes resserrées balançant de manière équilibrée entre mélodie, fuzz et cœur de chanson – deux ou trois couplets. Parfois excentriques (Things i did When i Was Dead sur Nouns), mais, comme ce sera mis en évidence sur ce nouvel EP, jamais effrayantes ni vraiment marquantes ; et c’est voulu, pense t-on. On se surprend vaguement imaginer Genie jouée en acoustique. Ici, une façon de chanter assez particulière pour être mise en valeur.



Sur Losing Feeling, ils livrent quatre morceaux parfaits. No Age est bien plus rêveur qu’on l’imaginait auparavant. C’est à travers Aim at The Airport, titre instrumental, que l’on saisit le mieux l’essence du groupe. Sa tentative est d’effleurer les choses plutôt que d’y pénétrer, d’atteindre une sorte de grâce qui puisse donner à ses charges indie une dimension quasiment Floydienne. No Age apparait comme un duo équilibré, dont la musique est plus grâcieuse qu’il ne m'a semblé à l'écoute de Nouns. Lors de charges plus électriques, on assiste encore à un évitement plutôt qu’a une confrontation ; c’est le cas sur Sleeper Hold (Nouns) par exemple. On imagine le corps du morceau se libérer des mains qui essaient de le saisir, traverser le carreau en plongeant et disparaître.



lundi 30 novembre 2009

Sonic Youth - Rather Ripped (2006)







Parution2006
LabelGeffen
GenreRock alternatif
A écouterIncinerate, Do you Believe in Rapture, Pink Steam
°°
Qualitésrugueux, soigné
Sonic Youth renoue avec la joie d’exécuter des morceaux plus concis plutôt que des tableaux imposants et difficiles à manipuler. Voilà Rather Ripped, disque facile à appréhender, souple, rebondissant, plein de feu et de voix de Kim Gordon.
Ils sont au mieux de leur lucidité et de leur optimisme artistique avec Ripped.  Je ne sais pas s’ils ont parut aussi enthousiastes depuis leur troisième disque, Evol (1986). A cette époque, ils semblaient sympathiques et légèrement naïfs ; puis est venu Daydream Nation (1988), un double écrasant qui a marqué l’apogée et le déclin d’une vibe. Le son du groupe n’allait être que la somme de son travail, un carcan sans passion particulière – à nuancer selon les disques. Sous l’agressivité des guitares et les attitudes désinvoltes – la crise. Plus tard, avant A Thousand Leaves (1996), le groupe a quasiment disparu. Ce que je ressens en écoutant la plupart de leurs disques, c’est un problème de présence. On voulait les voir faire une erreur, juste pour le panache. Les entendre reprendre I Wanna Be Your Dog ou même Sweet Jane pour prouver leur affiliation à la musique rock et non à tous ces effrayants auteurs de livres abscons. Rather Ripped est donc le disque qui débloque Sonic Youth, qui le fait sortir de ses gonds, lui fait donner du plaisir à nouveau. Pour d’autres, c’est Sonic Nurse (2004), déjà, qui annonçait quekque chose, comme la résurgécence d’une exigence perdue, chez Sonic Youth.

Kim Gordon est bien présente, et il semble qu’elle sait pourquoi elle travaille. Elle qui, mentalité arty oblige, s’imaginait l’action même de chanter un morceau comme une chose purement conceptuelle, et l’enregistrement comme yune chose vraiment bizarre – pure invention de ma part, avec la partde vérité qui lui revient. Sur The Neutral, par exemple, elle est autre que cette partisane du tout construit, apparaissant passionnée et nue. Et puis, il y a le "What a waste/You're so chaste/I can't wait to taste your face." 
C’est difficile, on imagine, pour de tels penseurs du son de se convaincre que quelques accords soutenus peuvent vous donner la sensation de flotter et porter votre émotion. Sur Lights out for You, la tension s’apaise et il est plus difficile de trouver le ton juste. 

C’est dès lors une bonne chose que les morceaux les moins bruyants du disque sont d’aussi bonne qualité que les imposant Reena, l’insistant Incinerate ou l’aggressif Rats. Pink Steam renouvelle de belle manière ce que le groupe fait de plus progressif, parvenant pourtant à ne dispenser que l’indispensable – le titre du morceau faisant, comme il c'est souvent le cas, référence à l’œuvre d'un écrivain : ici, Didie Bellamy. Il est de notoriété suffisante que l’on peut utiliser les notes des pochettes du groupe comme listes de nouvelles lectures, tant elles sont truffées de références. 

What a Waste ou Reena nous convainquent que les Youth sont d’autant plus pertinents quant ils parviennent à condenser leur message, même s’il y a dans leur carrière de longues plages excellentes (Hits of Sunshine et Karen Koltrane sur A Thousand Leaves…). Ils retrouvent, en plus produit, les Tom Violence ou Shadow of a Doubt de Evol. Bien sûr, les temps ont changé, et il n’est plus nécessaire de laisser résonner les instruments comme dans un souterrain ou d’afficher la froideur sensuelle d’alors. Rather Ripped est un disque plus chaud que presque tout Sonic Youth. Même la progression rigoureuse de Pink Steam est envahie de lumière. 

Do You Believe in Rapture est sans doute le morceau qui fait la différence, justifiant le plus la progression du groupe vers un son plus doux et attirant.






samedi 28 novembre 2009

Jesca Hoop - Kismet (2007)


















Parutionseptembre 2007
LabelColumbia
GenreFolk alternatif
A écouterSeeed of Wonder, Money, Intelligentactile
/106.75
Qualitésoriginal, groovy, soigné


C’est la deuxième chanson, Seed of Wonder  – avec Stuart Coppeland, de The Police, à la batterie - , qui fut envoyée par Waits à l’attention d’un découvreur influent de Los Angeles avat que celui-ci ne le passe à la radio. Le refrain est séduisant, la section rythmique versatile qui évoque Rain Dogs (1985), le disque qui fit de Waits un conteur excentrique et exotique après qu’il se soit débarrassé de sa réputation de pilier de bar. Les difficultés mélodiques se concilient à merveille avec ses ambitions à produire un 'son' plein d’appel. Hoop entretient des connections avec la nouvelle scène folk américaine en pleine expansion, partageant l’étonnante maturité de leurs meilleurs éléments.

Les paroles sont imagées, la passion prenant les formes d’un paysage pastoral.  Il y a beaucoup de tendresse dans les évocations de ce disque, où Jesca Hoop propose de « s’aimer et de s’aimer encore ». Elel nous surprend dans chaque  recoin d’impressionnantes architectures de pop folklorique. Les qualités esthétiques de Kismet sont celles qui frappent le plus en premier lieu, et les thèmes des chansons se révèlent tout aussi intéressants. Hoop semble signifier : il est temps de se replonger dans ces anciens contes, ceux que l’on raconte encore aux enfants mais de manière bien trop naïve et sans relation avec leurs préoccupations. Elle leur redonne tout leur ruguosité, en faisant les connections avec ses propres désirs. C’est un genre de réponse à l’éducation de sa famille Mormone, pour qui des valeurs telles l’argent (Money) sont taboues. Ici, elle tient à donner son avis sur la situation du musicien tenté par le succès : « Si tu veux y appartenir, écris un classique».
L’Amérique est bourrée de talents spontanés, d’artistes dont les chansons succèdent à la pensée avec une apparente facilité et produisent un résultat jubilatoire. Jesca Hoop en fait partie, sans doute possible. Issue d’une famille de Mormons, elle fut animatrice auprès d’enfants à problèmes un sein d’un programme « découverte nature », avant de devenir la nounou des enfants de Tom Waits et Kathleen Brennan -   est pourtant bien tournée vers le présent, et vient de marquer le second pas d’une carrière d’ores et déjà impressionnante. Une série d’heureuses rencontres lui permirent de révéler rapidement un talent pour l'écriture de chansons. Waits dira de sa musique : « c’est comme nager dans un lac la nuit », commentant ainsi sa sensualité rude et sauvage. Summertime s’ouvre avec une guitare froide et des chants de corbeaux… avant que la voix aux accents chauds de Hoop ne lance un morceau plutôt sautillant en enlevé.



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