“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

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Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 16 mai 2012

jeudi 10 mai 2012

Sigur Ros - Valtari (2012)






Parution25 mai 2012
LabelXL Records
GenrePost-rock
A écouterDauoalogn, Ekki Mukk, Varuo
7,50/10
QualitésAtmosphérique, épique, envoûtant

Sigur Ros est de retour ! Son chanteur raconte Valtari.

4 ans se sont écoulés depuis le dernier album de Sigur Ros. Y'a t-il eu un moment où le 'hiatus indéfini' a manqué de devenir permanent ?

Jonsi : Je n'en sais rien ! Quelqu'un a dit que nous étions en hiatus indéfini – ça a du être notre manager – et je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Nous avions tourné pendant tant d'années et nous étions fatigués, aussi avons-nous fait une pause, certains ont eu des enfants. J'ai fait Riceboy Sleeps [2009] avec mon compagnon Alex [Somers], et aussi un album solo [Go, 2010] pour lequel j'ai tourné. Maintenant nous sommes de nouveau ensemble, et il y a une très bonne ambiance. Personnellement, je trouve génial de travailler de nouveau avec le groupe, de partager les tâches et les idées plutôt que de tout faire seul.

Vous aviez commencé à écrire l'album qui devait succéder à Med Sud I Eyram Vid Spilum Endalaust dès 2009, mais que vous avez recommencé plusieurs fois. Certaines chansons de ces sessions ont t-elles formé Valtari, et si ce n'est pas le cas, vont t-elles paraître dans l'avenir ?

Jonsi : Valtari est fait de ça. 2 chansons sont même plus anciennes que ça. Nous avons enregistré certaines chorales à Londres, il y a peut-être 6 ans. A ce moment nous parlions même de sortir un album qui ne soit constitué que de chœurs. Nous avions commencé à enregistrer ces 2 chansons [Dauoalogn et Varoaldur] et nous avons ensuite pris du recul. Un an plus tard, nous commencions autre chose, nous nous mimes à recycler beaucoup de notre vieille musique en y ajoutant des cordes, ce qui était sympa mais ne menait nulle part, donc nous avons mis ça de côté également. Le processus était confus, partait dans tous les sens. Il y a quelques mois, nous écoutions tout ce que nous avions laissé, en compagnie de notre manager, et il nous a conseillés d'en faire un disque. Nous avons dépensé beaucoup de temps et d'énergie à concevoir ces morceaux, de telle façon à ce que ça devienne une honte de ne pas les faire entendre. Le dernier morceau de l'album, Fjogur Piano, était une autre boucle recyclée provenant de nos ancien essais. Kjartan [Sveinsson] est descendu dans la piscine [le fameux espace d’enregistrement de Sigur Ros aménagé dans une piscine vide] enregistrer la partie de piano et la faire tourner indéfiniment, de telle façon à ce que les autres membres du groupe se fondent dans cette sonorité indistinctement comme si nous étions quatre pianos [Fjogur Piano signifie quatre pianos].

Le titre de l'album, Valtari, se traduit par « roller » en anglais. Y-a t-il une signification ou est-ce un concept en relation avec le reste de l'album ?

Jonsi : Non, je ne peux pas vraiment dire ça. C'était juste un titre de travail pour cet album, depuis longtemps. C'était le nom de l'avant dernier morceau de l'album qui était inspiré d'une construction dans le périmètre du studio ! Je suppose que ça a fini par devenir quelque chose de plus important que ça aurait du être.

Valtari semble constitué de paysages sonores plus atmosphériques que son prédécesseur. Etait-ce une tentative délibérée de ma part du groupe que d'évoquer l'ambiance de () [2002] ou Agaetis Byrjun [2000] ?

Jonsi : Je pense que oui. Avec Med Sud I Eyram Vid Spilum Endalaust nous avons en quelque sorte fait un album plus enlevé de pop festive, et en sommes arrivés au point ou nous en avions assez, donc cela semblait le moment opportun pour passer à autre chose.

Le troisième titre de l'album, Varuo, en particulier, me rappelle le dernier morceau sur (), qui est peut-être votre album le plus sous-estimé à ce jour. Avec le recul, avez-vous ressenti que () avait été négligé et Valtari est-t-il votre manière de réécrire cette partie de votre histoire ?

Jonsi : Non. Je peux dire en toute honnêteté que je n'écoute plus ma propre musique. Une fois que j'ai créé quelque chose, je préfère passer à la chose suivante plutôt que de revenir en arrière. Je ne revisite jamais mes anciens disques.

Prêtez-vous beaucoup d'attention à ce que les journalistes disent de votre groupe ?

Jonsi : J'ai pris la décision il y a longtemps, quand javais 18 ans et que nous venions de démarrer le groupe, de ne pas prêter trop d'attention à ce que les critiques peuvent dire ou écrire à notre sujet, et je n'ai pas vraiment changé à ce propos. Je sais qu'il y a beaucoup de gens étranges qui écrivent à notre sujet sur internet, mais c'est un chose avec laquelle nous avons appris à vivre. Je pense que nous nous en sommes bien sortis - sans considérer les critiques - pour être encore là, en train de créer de la musique et de faire des concerts.

Ton partenaire Alex [Somers] a co-produit Valtari. Qu'a t-il apporté aux sessions d'enregistrement, et a t-il changé la dynamique en studio entre toi et le reste du groupe, considérant votre relation personnelle ?

Jonsi : Il nous a surtout aidés avec le processus d'enregistrement. Il nous a enregistrés dans la piscine [le studio, voir plus haut] et dans notre lieu de répétition, puis a mixé le résultat dans le grenier de la maison que l'on partage lui et moi. Il a proposé beaucoup de nouveaux arrangements aux chansons et a reconstruit certains morceaux qui étaient éparpillés. Il nous a aidés à faire sens de tout ça, et nous a encouragés à enregistrer plus d'instruments, et, en ce qui me concerne, à chanter et à écrire plus de textes. Ainsi peut-on dire qu'il a joué un rôle important dans la conception de cet album.

Qu'en est t-il de votre influence électronique, qui semble prévalente tout au long de l'album ? Alex a t-il été un facteur déterminant en cela aussi ?

Jonsi : C'est vrai qu'il y a beaucoup plus de parties électroniques que sur nos précédents albums, même si cela a plutôt à voir avec notre plaisir de jouer et d'expérimenter avec de nouveaux gadgets. A chaque fois que nous découvrons un nouvel instrument ou outil c'est très excitant pour nous.

Y-a t-il de nouveaux artistes en ce moment qui ont attiré ton attention ?

Jonsi : Je suis vraiment mauvais quand il fit parler de nouvelle musique mais il y a une artiste que j'ai beaucoup écoutée dernièrement. Son nom est Julia Holter. Son album est très cool. Il y a aussi un artiste islandais qui s’appelle Sin Fang. Alex est en train d'enregistrer un album avec lui en ce moment. Il sortira l'an prochain. Ce que j'ai entendu jusque là est très bon.

Vous jouez dans plusieurs festivals cet été, dont le Bestival sur l'île de Wight et l'electric Picnic en Irlande. Qu'est-ce qui vous a permis de choisir ces festivals là en particulier, et y-aura t-il une tournée mondiale plus tard dans l'année ?

Jonsi : Nous allons faire une courte tournée américaine et quelques dates en Europe en plus des festivals, puis nous partons en Australie. Je pense que ça fera autour de seulement 30 concerts cette année, mais nous espérons jouer davantage l'an prochain.

Allez-vous prendre un orchestre avec vous pour la tournée ?

Jonsi : Je n'en suis pas encore sûr, mais je pense que nous allons prendre quelques cordes avec nous, surtout quand il s'agit de jouer le nouvel album. Ce serait difficile de retranscrire ces chansons en live sans ça.

Comment choisissez-vous quels concerts ou tournées faire sans aucune orchestration ? Sur Inni [album live paru en 2011] ça semblait être une caractéristique clef qui déterminait les chansons que vous étiez capables de jouer.

Jonsi : Sur notre dernière tournée importante, nous avons tout de suite décidé ce que nous pouvions jouer car nous avions Amiina (quatuor à cordes islandais qui accompagne régulièrement Sigur Ros] et une section de cuivres avec nous, ainsi c'était très confortable. Je pense que c'est aussi pour cela que nous avons voulu jouer quelques concerts à seulement nous quatre, cela nous prouvait que nous en étions toujours capables !

Merci de me demander l'autorisation en cas d'utilisation de cette traduction.
Article original : @ Consequence of Sound.

Télécharger gratuitement l'album :
http://newalbumreleases.net/45051/sigur-ros-valtari-2012/



mercredi 9 mai 2012

Helios - Moiety (2012)


Parution2012
LabelUnseen Records
GenreAmbient, instrumental
A écouterNothing it Can
6,75/10
Qualitéscontemplatif, apaisé

Un disque qui agit comme le petit frère de Valtari, le nouvel album de Sigur Ros. Pas tout à fait trente minutes de musique ambient fragile et contemplative, avec des sonorités pleines et intenses. Helios est le projet de Keith Kenniff à Portland.

Le télécharger gratuitement :
http://victoryrosemusic.blogspot.fr/2012/04/helios-moiety-new-album-free-download.html

"Your support helps me to continue to make music. These items are my thank you to you, but if you like what you hear and you would like to donate, you may do so below. Warmest Wishes ~ Keith"

http://www.facebook.com/heliosmusic#!/heliosmusic/info



mardi 8 mai 2012

Sinéad O'Connor (1) - Sauver Dieu de la Religion

Sauver Dieu de la religion

Sinéad O'Connor n'a pas pour habitude d'éluder les sujets qui fâchent. En 1992, la chanteuse, alors âgée de 26 ans (elle est née en 1966), fut l'invitée de l'émission Américaine Saturday Night Live. Regardant le spectateur droit dans les yeux, portée par l'exaltation, elle interpréta une version a cappela de la chanson de Bob Marley, War, en remplaçant le terme de 'racism' par 'child abuse' pour protester contre les actes de pédophilie perpétués lors de scandales successifs par des prêtres de l'Eglise catholique, en Irlande, son propre pays. A la fin de la chanson, elle plaçait devant son visage une photo de pape Jean Paul II ; et, tandis qu'elle prononçait le mot 'evil', 'mal', elle la déchira en plusieurs morceaux, avant de s'exclamer 'you've got to fight the real ennemy ! ». Le plateau est demeuré silencieux, le public n’applaudissant pas ni ne montrant son mécontentent. Les organisateurs sont restés interloqués. Avant de reconnaître, pour certains, qu’il s'agissait sans doute de « l'expression d'une conviction sérieuse. » O'Connor continuera d'exercer cette 'conviction' régulièrement, avec un regain d'activisme ces dernières années. En juillet 2011, elle publie un article dans le Sunday Independent en réponse au scandale sexuel du diocèse de Cloyne. Elle y décrit le Vatican comme un 'nid de serpents'.

Sur les 4400 messages que reçut la chaîne à l'époque, une poignée seulement n'attaquaient pas personnellement Sinéad O'Connor. Certains voulaient sans doute sa mort pure et simple ; en tout cas, en exerçant sa liberté d'expression, O'Connor venait de se faire beaucoup d'ennemis. Elle apprit à ses dépends que la plupart des gens prennent à cœur les actes des personnalités médiatisées, fussent t-ils commis dans le contexte d'une performance artistique. O'Connor pensait peut-être qu'une partie du public comprendrait son message – mais ce n'était pas le rôle de l'émission que de distribuer des messages, et, étant donné que le public n'en attendait que du divertissement, son acte parut déplacé. Certains l'avaient sans doute prise pour une sorcière. Elle aurait été portée au bûcher avec enthousiasme.

Elle avait cependant déjà largement étudié la question des croyances, et était sans doute plus près de la conjoncture d'une force créatrice que ceux qui avaient souhaité sa mort en la considérant comme hérétique. Peut-être avait t-elle sans faire exprès, testé leur foi... Il y a là un débat (immémorial !) sur la façon de pratiquer sa propre croyance, un débat au cœur de l’oeuvre de Sinéad O'Connor. Déçue par la démission de son public, en pleine crise de confiance, Sinéad O'Connor envisagera, immédiatement après l'incident, de continuer sa carrière comme chanteuse d'opéra occasionnelle.

La chanteuse avait 15 ans, en 1981, lorsqu'elle fut repérée par Paul Byrne, le batteur du groupe Irlandais Tua Nua (des protégés de U2), alors quelle chantait une reprise de Barbara Streisand, Evergreen, au cours d'une fête de mariage. Elle co-écrivit leur single Take my Hand, avant de décider de démarrer une carrière en musique.

La même année, Bob Marley mourrut d'un cancer de la peau. La résonnance de la musique de la plus grande star du 'tiers monde' de l'histoire de la musique, la teneur de son message avait secoué tout particulièrement la grande Bretagne et l'Irlande, avec des répercussions allant jusqu'au Zimbabwe avec l'album engagé Survival (1978). Comme le notera Lloyd Bradley dans un texte contenant l'histoire de l'enregistrement d'Exodus (l'album le plus célèbre de Marley, paru en 1977), le chanteur «avait réussi avec pour seule arme la volonté inébranlable de se rendre utile, le sentiment de ce qui peut être accompli si on aborde les vrais problèmes avec logique et compassion, sans se soucier des manifestes politiques. »

Enfant à la maturité galopante, issue d'une enfance tumultueuse, O'Connor signa son premier contrat discographique à l'âge de 17 ans. Confrontée très tôt aux tensions et problèmes existentiels au premier rang desquels celui concernant la religion elle avait déjà, avec finesse et intelligence, apporté des réponses à ses questions intimes. « J'ai été à l'école catholique, mais je ne me suis pas imbibée des choses négatives de l'église catholique », expliquera t-elle plus tard. « Le fait qu'il y avait de mauvaises choses dans cette religion ne m'a pas empêchée d'y voir aussi ce qu'elle avait de bon, et je me suis ainsi inspirée autant de Catholicisme que de l'Hindouisme et le Soufisme et toutes les autres religions qui se trouvent m'inspirer. » Bien qu'aillant été élevée dans la religion de ses parents, O'Connor s'intéresse à l'idée d'une relation plus directe avec Dieu. Elle se méfie de la religion organisée, qui enferme l'esprit. “Je pense qu'il faut sauver Dieu de la religion. La religion a pris Dieu en otage, l'a mis derrière des barreaux.”

Quand elle déménagea à Londres à la fin de son adolescence, elle recontra des Rastafari qui lisaient la Bible quotidiennement, voyaient le reggae comme une expression de foi et étaient, eux aussi, contre la religion organisée. Elle étudia la kabbale, le chant grégorien , les poètes Sufis, et, de retour à Dublin, entra à l'Université pour étudier la théologie.

Quelques années plus tard, au tournant de son second disque et quelque temps avant l'apparition télévisée qui fit scandale, elle se trouva sans doute touchée par l'insistance de Marley à revendiquer une culture spécifique. Une culture qui empêcherait les populations qu'elle rassemble de remmetre leur destin entre les mains des puissants : le G8, la finance... Et comme Marley, elle comprenait bien que la clef de la civilisation serait l'acceptation par tous d'un autre monothéisme. Ainsi, le livret de se deuxième album comporte cette phrase : « Dieu appartient au monde, mais le monde n'appartient pas à Dieu. » Le désir d'indépendance, pour soi et pour les autres, est peut-être le sentiment qui a le plus contribué à faire et à défaire les groupes et les artistes...

La chanson War, apparue sur l'album Rastaman Vibration enregistré par Marley en 1976, est dérivée d'un discours de paix (Nations Unies, 1963) de l'empereur Ethiopien de l'époque, Haile Selassie I (1892-1975) – un lion conciliateur et une incarnation de Dieu au yeux des rastafari, ce qui semble une juste rétribution en regard de sa vie politique très riche et symbolique. En reprenant la chanson, Sinéad O'Connor s'inscrivait dans la lignée des contestataires pacifistes de la trempe du grand chanteur jamaïcain ; touchant à la volonté de trouver la paix en son pays et de la dispenser auprès de ses concitoyens. Elle signifiait implicitement que certaines chansons valent mieux qu'un long discours pour dénoncer les hypocrisies du monde. Comme Selassié qui dénonçait les conflits honteux dans certains pays d'Afrique (l'Angola, le Mozambique et l'Afrique du Sud), et comme Marley qui souffrait de ce que la Jamaïque semble engagée dans une guerre politique contre elle-même, O'Connor comprit rapidement que seule la compréhension mutuelle des hommes pourrait résoudre les conflits, et que ce sentiment passait par le partage des mêmes objectifs spirituels. « Je pense que Dien nous bénit tous, que nous le voulions ou non. Quand nous mourrons, nous retournerons tous dans son domaine... Je ne pense pas que Dieu juge qui que ce soit. Il aime tout le monde de la même façon. »

A suivre

dimanche 6 mai 2012

Death Grips - The Money Store (2012)



Voir aussi la chronique de Exmilitary
Voir aussi l'article sur Zach Hill


Parutionavril 2012
LabelEpic
GenreHip-hop, expérimental
A écouterGet Got, The Fever (Aye Aye), I've Seen Footage
 ~
Qualitésintense/td>



En tout juste un an, depuis la parution de leur mixtape (entendre souvent par là : album novateur et excitant promis à un avenir confidentiel), Death Grips s’est précisé, s’est focalisé. Certains détails ont enfin filtré, et le trio hip-hop tendance apocalyptique (pensez Year Zero de Nine Inch Nails, 5 ans plus tard et en plus urbain) semble enfin destiné à devenir un vrai groupe. The Money Store devrait être correctement distribué, puisqu’ils n’ont pas attendu pour signer avec une major. On connaît enfin le nom du MC : Stefan Burnett. On savait déjà son phrasé terrible, c’est chose confirmée. Et Zach Hill, connu un jeu de batterie nerveux et technique au sein de Hella, divers autres projets ainsi que pour ses compositions en solo, reconnaît un attachement affectif à son nouveau groupe, le plus proche, selon ses dires, de ce qu’il a toujours désiré entendre. La perfection sonore atteinte avec cet album compressé, éclaté, commence par la façon dont est produite la batterie, comment elle se joue – avec les mains parfois – se transfigure.

Death Grips est un projet de paradoxes. Inspiré par les groupes à l’ignorance revendiquée des années 80, le hardcore insensé de Suicidal Tendencies, Fear ou Cro-Mag, ils se revendiquent pourtant futuristes, évoluent dans un espace dont l’existence est éphémère – à eux de la façonner de manière à ce qu’il soit durable. La dictature de l’instant, de l’action, qu’ils imposent en envahissant les speakers de sons oppressants autant qu’excitants ne les empêche pas d’avoir un impact intellectuel sur l’auditeur. « Nous voulons garder les choses là où elles s’arrêtent quotidiennement. » C’est un trio promis à élargir le public généralement amateur de hip-hop tout en faisant paraître l’un des albums les plus radicaux du genre, et capable de polariser comme un roman graphique de Franck Miller à l’intérieur même de sons système, parmi ses personnages. Leur pochette, noire et blanche, ne se prive pas d’affiche son influence au polar sexy et meurtrier qu’incarne mieux que quiconque Miller. Comme une femme violentée sortie de J’ai Tué Pour Elle, Death Grips semble avoir attendu le moment propice pour assassiner son bourreau. Le seul challenge que le trio propose à l’auditeur n’est pas intellectuel ; c’est de le faire accepter que le meilleur et le pire peuvent se côtoyer frénétiquement.

« Notre groupe et comme internet ! » s’exclame Hill lorsqu’on évoque cette propension de la toile à faire se rencontrer le mauvais goût et la bonne foi, les œuvres vides de sens et celles, puissantes, révélatrices d’un travers, que l’on envoie en mission, pour créer le buzz et observer jusqu’où elles peuvent se faire approprier. Internet, c’est l’ADN de Death Grips, leur raison d’être puisqu’il ont à leur tour tenté de voir jusqu’ou un vidéo de Stefan Burnett attaché sur le siège passager d’une voiture, en train de vomir les paroles de Guillotine, pourrait aller. « Sit in the dark and ponder how/I'm fit to make the bottom fall through the floor/And they all fall down, yah/It goes, it goes, it goes, it goes, YAH !”. Cette chanson restera sans doute le classique du hip-hop à l’heure ou il porte des pixels à l’insurrection avec un brio inégalé.

The Money Store est le parfait album du nerd 3.0, quand la vraie vie se tweete et les braquages sont un jeu sur Facebook. La précision du trio à créer cette atmosphère oppressante et tendue qui les caractérise tient à leur acuité, à leur procédé de palette. Leurs influences sont une partie de cette palette, des sons glanés sur internet une autre source. You Tube ou conversations enregistrées en douce fabriquent l’album.  L’album, ramassé, se développe dans un flow ascendant et culmine avec des morceaux comme I’ve Seen Footage. « Nous avons enregistré un de nos amis pendant qu’il avait cette conversation – il ne savait pas qu’il était enregistré. Il était complètement défoncé, et rabâchait ces trucs fous. Il parlait des structures de la lune. Et il me disait : "j’ai vu des vidéos ! J’ai vu des vidéos ! Et j’étais genre : ouais, d’accord. »



Julia Holter - Live @ Le Poisson Rouge







Téléchargement gratuit.


Voir aussi la chronique de Eckstasis :














Set List

Marienbad



So Lillies


Fur Felix


Try to Make Yourself a Work of Art


Our Sorrows


Four Gardens


This is Ekstasis


In the Same Room


Moni Mon Amie


Goddess Eyes




samedi 5 mai 2012

Le blog a 3 ans !



Découvrez 13 disques qui font partie de son ADN :  rock anglais (Wild Beasts), folk élégiaque (Department of Eagles, Peter Broderick), duo noise époustouflant (Lightning Bolt), anthologie d'exception (Tom Petty), folk-rock tendu (The Mountain Goats), fer de lance nipon (Boris), duo romantique allemand (Deine Lakaien), voix pour la paix (Mavis Staples), chanteuse de blues et sa guitariste d'exception (Candye Kane et Laura Chavez), hardcore mélodique New-Yorkais (Crime in Stereo), pourchasseuse de fantômes (Christina Antipa) et le proffesseur du bassiste des Red Hot (Alain Johannes)...
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