“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

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Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

jeudi 27 février 2014

REAL ESTATE - Atlas (2014)



O
soigné, apaisé
indie rock

Ca fait longtemps que je n'ai pas écouté Days, le dernier album en date de Real Estate. Risque de venir le constat que presque rein n'a changé ; c'est toujours le groupe le plus paisible de la côte ouest américaine (New Jersey), très doué quand il s'agit d'enregistrer un album (trop) parfait de bout en bout. Même Kurt Vile ne pourrait pas les parodier. Le rapprochement avec Radiohead est toujours valable : deux guitares se complémentent dans l'esprit de ce qui avait été fait sur Ok Computer. Il faudrait aller voir dans les textes de Atlas si leurs thèmes de prédilection sont toujours d'actualité. A priori oui : Past Live commence par "I cannot come back to this neighboorhood... this is not the same place i used to know".  Il y a partout ce pessimisme au cœur de l'optimisme, et vice et versa. Sandy a marqué les esprits, et Atlas tente de laisser des impressions qui doivent durer. Real Estate n'a pas le profil d'un groupe qui réagit sur le vif, mais imprègne de ce que les dernière années ont offert de plus fascinant à contempler sur son 'petit' bout de territoire de plus humain et de plus naturel. Les chansons ont toujours la capacité de nous plonger dans la rêverie par leur rythme lancinant et leur finesse mélodique. Past Lives, The Bend ou Navigator sont tétanisantes.

PINKUNOIZU - The Drop (2013)




OOO
hypnotique, vintage
psychédélique, indie rock


Le jeune quatuor Danois Pinkunoizu a accompli une prouesse avec cet album. 


Il est très agréable à écouter parce qu'il commence dans un chaos relatif et se

 termine dans la douceur, parce qu'il entremêle une voix masculine et une 

autre féminine sur des chansons à la destination incertaine. Il multiplie les 

tendances mélodiques modernes dans son écrin de musique roborative 

échappée du début des seventies - Can et Kraftwerk sont des références. La 

clarté du piano fait écho aux tournures psychédéliques novatrices. Ils ont 

joué en première partie d'Owen Pallett en décembre 2012, c'est un souvenir 

musical qui s'était imprégné dans ma mémoire aussi clairement que ce disque 

novateur et analogique va le faire.  


Un disque découvert grâce à la médiathèque de Nanterre. 

dimanche 23 février 2014

HURRAY FOR THE RIFF RAFF - Small Town Heroes (2014)

 





OO
frais, communicatif
country, folk

Alynda Lee Segara ne fait pas de différence entre la musique et la vie. Les paroles de ses chansons, percutantes et pleines de bon sens font très vite s'envoler nos soupçons de voir en Hurray For The Riff Raff un autre groupe de country surannée. Segara n'a pas estimé que le style musical avait besoin de ressusciter : trouvant l'idée géniale d'endosser le rôle du héros dont le pouvoir est la franchise, elle contrecarre toutes les intentions vaseuses auxquelles on est habitués pour justifier un nouveau groupe et un nouvel album. Musicalement, c'est habile, riche, expansif. On aimerait plus de ces songwriters décomplexés qui font la loi en s'opposant à la violence des armes, en réécrivant les chansons du folk revival, avec la même niaque de petite Blanche dans un monde de marginalité. Mais il semble qu'elle est la seule à le faire avec cette empathie à deux doigts du féminisme, en s'emparant du personnage de Delia créé Dick Toops et Karl Silbersdorf, et incarné souvent par Jonnhy Cash. J'ai beaucoup aimé l'attitude, les textes et le développement de l'album ! 

samedi 22 février 2014

ST. VINCENT - St. Vincent (2014)

 

 
 
O
original, ambigu
avant-pop

Dès le début, la musique était surprenante. Depuis, Annie Clark s'est voulue dans la lignée des Talking Heads, passant de Brian Eno (Roxy Music) à David Byrne (Talking Heads), pour les références éternellement branchées. Elle a travaillé dans le milieu du spectacle New Yorkais, on attend juste qu'elle se branche avec Robert Wilson.
Les univers fragmentés de Byrne et Eno semblent regarder dans des directions opposées, et il y a aussi une dichotomie dans la musique de St Vincent, entre douceur et détachement.  
Etant donné les préférences d'Annie Clark au moment de concevoir ses albums (allumer un mac et bidouiller sur Garageband) ce n'est pas étonnant qu'elle finisse par délaisser la guitare pour des sonorités plus froides. Si cet album éponyme est voulu comme le premier où elle sonne vraiment comme elle-même, on ne peut s'empêcher de penser que c'est la part d'elle qui ne porte pas la guitare qui s'exprime ici. Heureusement qu'en fait, depuis le début, la meilleure arme de St Vincent ce sont les textes des chansons : passionnées, agressives, assez sombres, elles s'ébattent dans des climats entre claustrophobie et vulnérabilité.  Digital Witness, I Prefer Your Love, elle enchaîne les chansons à thème et les accroches provocantes.

COMPILATION - TRIP TIPS février 2014


vendredi 21 février 2014

PALMANANA - Green (2014)

 



OO
intense, lourd, ludique
stoner rock, garage rock, rock progressif

Green est un album long (1 heure 12) avec un son organique, qui ondule en de longs solos (Sunflora, 12 minutes), qui fuzze beaucoup, et qui, selon le groupe (italien), 'peut rappeler la musique stoner des nineties'. Le plus impressionnant est la façon dont l'album progresse, depuis les énormes riffs et les structures léchées de la première partie jusqu'aux 'erreurs de jeunesse' maîtrisées de la fin d'album, avec une voix de môme de quinze ans pour que l'illusion tombe : Universal Instant Trip ou Ken's Revenge, qui au fil des écoutes semblent pourtant aussi déterminées que Cameltoe ou Goatpussy, sans doute enregistrées ultérieurement. Il y a bien une raison pour laquelle toutes ces chansons cohabitent : faire une forte impression, de celle que laissent les grandes œuvres musicales. Un album aventureux et parfois sauvage. Aussi prometteur, dans un autre genre, que Sun Structures, des Temples.

samedi 15 février 2014

JOSH RITTER - amour et affiches



Idéal à écouter ce 14 février : The Beast in its Tracks, le dernier Josh Ritter ! L'amour raconté avec ses blessures et ses surprises.  




Depuis, une longue tournée à travers les Etats Unis, ou il a pu retrouver le chemin de nombreuses chansons écrites depuis Hello Starling (2003).
Un retour en affiches sur cette belle tournée.










TOMMY CASTRO & THE PAINKILLERS - The Devil You Know (2014)


OOO
groovy, efficace
blues rock, rythm & blues, hard rock, soul

Tommi Castro s'entoure : Marcia Ball est fabuleuse sur Mojo Hannah par exemple, ou les Holmes Brothers sur Two Steps Forward. C'est un grand guitariste, capable décrire un album entier de chansons accrocheuses en s'appuyant sur sa capacité à produire des ponts et des solos hyper énergiques. Et de reprendre des chansons dans le seul but de nous faire vivre plus fort, avec le Keep on Smiling de Wet Willie. Les musiciens des Painkillers, presque vétérans, jouent les morceaux avec une précision que n'égale que leur puissance sauvage. Et il y a la puissante voix soul de Castro. I'm Tired (avec Joe Bonamassa) est la chanson qui porte le plus mal son nom, le groupe y faisant montre d'une forme insolente, autour d'un groove souligné par l'orgue Hammond. Center of Attention est un autre sommet.  Face à tous les albums mous qui sortent ces temps-ci, ce disque classique mais excellent montre qu'on peut être né en 1955 et faire la loi en 2014. Peut être écouté en parallèle du coffret consacré à Mike Bloomfield.

lundi 3 février 2014

HISS GOLDEN MESSENGER - Bad Debt (2014)



 
 
OO
envoûtant, fait main
americana, songwriter

Pour sa voix, et sa façon d'ouvrir l'americana à une pulsation personnelle tout en le rendant vaste grâce à la maîtrise des arrangements, Hiss Golden Messenger est l'une de mes plus importantes découvertes de ces derniers mois ! Mais attention , cet album, enregistré il y a 3 ans, peut s'apparenter à des démos pour les deux disques qui sont sortis depuis.

La Caroline du Nord, Ron Rash, un écrivain que j'adore, y vit. Un état qui, à travers lui, dégage une sagesse étrange, basée sur la narration de remords et de doutes, le patriotisme examiné à travers la réminiscence de vieux conflits qui ne laissent pas, d'un bord à l'autre, les américains en paix ; de vies que l'on veut redresser. M.C. Taylor y s'est installé pour retrouver une harmonie égarée à Los Angeles. Il a recommencé au début, enregistrant en 2010 ces chansons que le poids autobiographique et poétique prête parfaitement à sa voix suspendue comme au dernier acte d'un drame. Mais il n'a jamais pu vendre le résultat : l'entrepôt qui contenait les copies de l'album a brûlé. Il devait s'appeler Bad Debt, 'mauvaise dette', et le titre est resté. (Un article lu cet après-midi, m'expliquait que la dette constitue la base de la société humaine et est un moteur pour l'homme, mais que lorsque le capitalisme a remplacé la religion, la perspective de la rédemption qui donnait un sens et poussait à transcender cette culpabilité est tombé pour une fuite en avant sans expiation possible. Il faudrait redonner un sens à cette 'mauvaise' dette pour en faire une force).

Le gâchis financier et artistique subséquent à l'incendie donne un sens particulier à l'album. Ces chansons acoustiques contiennent du folk, mais suintent surtout de l'authenticité du parolier, raconteur d'histoires. Elles frémissent et n'attendent pas de se déployer pour être déjà intenses. The Serpent is Kind ou Super Blue, par exemple, sont déjà marquantes, avant de trouver sur Poor Moon (2011) et Haw (2013) leurs incarnations définitives, flamboyantes. Maintenant qu'il est de nouveau disponible, cet album est comme la pièce manquante d'un triangle d’œuvres où les brillants arrangements de certaines répondent en écho aux harmonies et aux révélations personnelles. 

samedi 1 février 2014

TEMPLES - Sun Structures (2014)

 

 

 
 
 
O
audacieux, hypnotique
psychédélique, psych-rock,

Le public anglais est conquis depuis la parution en 2012 de la chanson Shelter. Sun Structures est superbement produit, avec force claviers et réverb -  une profondeur sonore quasi cosmique -, solidement arrimé sur une base rythmique percussion / caisse claire aussi sauvage que maîtrisée. On se demande dans quelle mesure tout cela est emprunté aux groupes allemands comme Can ou Faust. Comme le Shelter d'Alcest, ces temps-ci, c'est un disque à écouter fort. La pochette, qui représente la Triangular Lodge, un château construit par multiples de trois selon une obsession pour la sainte trinité, ajoute, avec les paroles l'ésotérisme et l'empreinte bucolique à l'anglaise. Ca peut paraître prétentieux pour un groupe aussi jeune de vouloir jouer avec nos, sens, mais il y a plusieurs cas ou les constructions des chansons prennent la tangente, transcendent l'alternance couplet/refrain pour nous plonger dans un tunnel de tonalités kaléidoscopique.
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