“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

intense (74) soigné (74) groovy (68) Doux-amer (59) ludique (59) poignant (59) envoûtant (54) entraînant (53) original (52) communicatif (47) sombre (47) lyrique (46) onirique (46) pénétrant (44) sensible (44) élégant (43) apaisé (42) audacieux (42) attachant (40) hypnotique (40) lucide (38) vintage (38) engagé (35) intemporel (31) Expérimental (28) Romantique (27) frais (27) intimiste (27) orchestral (26) rugueux (26) efficace (25) fait main (25) spontané (25) contemplatif (23) varié (23) funky (21) extravagant (20) nocturne (20) puissant (20) sensuel (18) inquiétant (15) lourd (15) Ambigu (10) heureux (10) épique (10) culte (8) naturel (3)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

dimanche 13 avril 2014

THE AFGHAN WHIGS - Do To The Beast (2014)








O
sombre, pénétrant
rock alternatif

Do To Te Beast n'est pas le genre d'album sur lequel j'ai envie de réfléchir à froid. Ca 

mènerait finalement à ne plus en parler. L'envie mélodramatique du chanteur écorché 

Greg Dulli est très bien soulignée par cette musique orchestrée, interprétée par un plus 

large ensemble qu'il y 20 ans, dans des ambiances qui se font parfois explosives sans que 

n'en ressorte vraiment de nécessité. L'abondance de claviers, de percussions complexes 

voire de cuivres est révélatrice d'un jeu de cache-cache porté à son paroxysme. Les 

chansons démarrent sur le velours rouge, finissent souvent en cacophonie mais ne sont 

jamais meilleures que lorsqu'elles se dissipent dans quelques notes de piano rhodes (Lost 

in the Woods). Il faut cerner à nouveau le personnage de Greg Dulli, ce qu'il a été 

globalement depuis 25 ans pour trouver pleinement poignant ce disque, entre l'album 

rock 

et la bande originale de son présent. Même si on aimerait avoir à les éviter, plusieurs 

grandes questions surgissent tels des écueils qui réveillent les nostalgies des temps 

passés comme des feux sur un lac de bile. Qu'en est t-il de la voix ? Elles est de plus en 

plus entravée, et désormais mixée en deçà de ce qu'elle a pu être. A l'image d'Algiers, la 

plus belle chanson de cet album, ce n'est une musique vitale que si on cherche à 

remonter à contre-courant, à ébouriffer. C'est à dire, qu'il faut l'écouter en restant absorbé.  
Et juger par la deuxième partie de l'album si Dulli a envie de nous dans son petit jeu ou si 

son groupe n'abreuve que sa propre mélancolie. These Sticks finit les choses en beauté, 

mais Black Love (1996) les avait terminées en grandeur avec une chanson de plus de huit 

minutes.  

JIMBO MATHUS & THE TRI STATE COALITION - Dark Night Of The Soul (2014)






OO
élégant, attachant
rock


Découvrir Jimbo Mathus avec Dark Night of the Soul était impressionnant. Le musicien un peu vaudou figurant sur la pochette ne choisit pas de disparaître dans un nuage d'herbes et de présages, mais apparaît plus enclin à écrire des chansons (plus de 40 ont servi de base à l'album) personnelles que sa façon particulièrement intense de chanter rendent déchirantes. Il n'utilise là encore que peu de mots, mais les musiciens sont toujours plus justes et précis.
Peut-être est-ce le fait d'avoir travaillé avec Valerie June sur Pushing Against a Stone, mais Mathus devient plus percutant lorsqu'il prend le chemin d'une rédemption sur Writing Spider. En quelques minutes d'éblouissement, enfin seul avec ce dieu si cher aux américains, quand ils finissent par entrer dans l'âge adulte. « Certains disent que Jesus est la réponse. Que c'est Jesus qui peut vous libérer. Je ne vais pas affirmer ou infirmer. Il a pris la faute pour tout, même le pêché originel. J'ai pris la faute tellement de fois sur des problèmes que j'avais. Mais j'ai relativisé... Personne n'a demandé à naître, à se trouver là. Je ne fais que regarder cette araignée, tisser son histoire sur le mur. » Est-ce que ce sont vraiment les paroles de la chanson ? Ou le fruit d'une énième conversation que notre journaliste est allé attraper, en bon samaritain musical, pour donner des allures de pasteur à notre Huckleberry Finn, qui n'a jamais été très pressé de rejoindre la messe ?

Le classicisme rock et les grands thèmes sont invoqués à la façon vaudou, dans ce qui restera un sommet de la carrière de Mathus. Il faut revenir à la chanson titre, où la prise de voix sonne tellement juste et nuancée qu’on a à chaque fois l’impression que Mathus la chante de nouveau pour nous. Plusieurs de ces chansons sont d'ailleurs des premières prises, enregistrées comme de simples démos. La puissance épique de White Angel, le groove marécageux de Fire in the Canebrake ou la fureur de Burn the Ships, qui fait ressembler son groupe au Crazy Horse (la même lâche intensité) sont des moments qui ne s'oublient pas de sitôt. Et à aucun instant on ne perd de vue que l'action se situe dans le delta, nourricier en diable.    

jeudi 10 avril 2014

SHEMEKIA COPELAND - Never Going Back (2009)



OO
groovy, communicatif, élégant
blues, funk, rythm and blues

Dans la vie, 'il est toujours trop tard et il est temps'. En tout cas, il n'est jamais 

possible de revenir en arrière.

Shemekia Copeland sait toujours attirer votre attention avec une classe 

qui ne perd pas de son mordant depuis 1998 et la parution de Turn The Heat Up. 

Elle n’enregistre pas seulement des

 albums pleins de style, mais aussi d’humanisme. Plus trivialement, des disques que vous 

gardez dans votre lecteur mp3 et que vous réécoutez à chaque fois que vous êtes d’humeur à 

vous battre avec un salesman, un politician ou un advocate (celui du Diable, en général) dans 

un corridor aux plafonds hauts. (Important pour l’acoustique, les hauts plafonds). Que vous 

réécoutez quand vous arrivez au bout de votre journée, de votre contrat, quand il s’agit de 

supporter des gens qui à l’évidence n’écoutent jamais de blues.  Même sous des abords aussi 

doux que ceux du visage sur cette pochette (et le rendu assez fade qu’elle provoque), c’est une 

musique qui sonde tout de suite votre envie d'en découdre. Tout en vous détendant, avec le 

très ouaté Black Crow ou les funkys Born a Penny et Limousine.

Comme je l’avais remarqué d’abord sur 33 ½, paru en 2012 (et sans doute encore meilleur), 

les chansons vous saisissent, même lorsque votre compréhension de l’américain reste 

limitée ; Copeland a un talent pour décrire les déceptions et les injustices d’une manière 

qui redonne de l’élasticité à la vie toute entière. Il suffit de ne pas se sentir déjà battu 

d’avance.

La grosse claque, ici, c’est la présence de Marc Ribot (Tom Waits…) en guitariste 

providentiel 

pour un boogie (Never Going Back To Memphis) et d’autres morceaux qui remettent les 

penseurs d’opérette (religieux par exemple, sur Big Brand New Religion)  à leur place. 

Cet album n’a sans doute pas de moments aussi dramatiques qu’avant, mais grâce à un 

groupe parfait, le message est mieux soutenu sur l’ensemble de l’album. 

samedi 5 avril 2014

JAMES COTTON - High Compression (1984)






OOOO
communicatif, intemporel
blues, rock and roll




Le rock déballe ce sentiment de ne pas être à la hauteur de ce que l'autre attend de nous.

 Généralement l'être aimé, voire, dans les cas les plus tragiques, sa famille la plus proche. Le

 regret, le remords, que le blues transmet avec le plus d'humilité et de générosité. 

L'humour, la vivacité entre les mains d'un harmoniciste aussi extraordinaire que James Cotton, 

font oublier les sujets graves. On danse, au son de sa voix rauque, qui date de quand il en 

avait  une. Elle est même la principale attraction de certaines de ces chansons.  

Aujourd'hui, il  n'en a plus, et il a peut-être produit en 2013 son testament, où on 

l'entend vaguement croasser quelques mots, parfois, entre les attaques  toujours fracassantes 

de ses harmonicas

A travers cet album, on devine que le blues est une musique moderne, sans couleur 

particulière, révélatrice en ligne directe du sentiment qui l'habite. En 1984, ce disque 

authentique était inespéré : les musiciens sont choisis pour faire le pont entre traditionnel et 

contemporain, avec Pinetop Perkins au piano, et la production est épargnée des effets de 

style qui on rattrapé le funk ou le rock à l'époque.

Un disque découvert grâce à la médiathèque de Nanterre. 

vendredi 4 avril 2014

AGES AND AGES - Divisionary (2014)



O
communicatif, poignant
country rock, pop


Chaque chanson, chaque album raconte le choix crucial et quotidien qu'il faut faire d'être isolé 

dans l'abyme de ses choix ou d'être avec les autres, dans un élan où tout est possible. 

Divisionary fait, de manière limpide la démonstration de cette dernière situation, avec force 

mélodies (Big Idea ! No Pressure !), sous les hospices réparateurs de mains frappées à 

l'unisson. Un chanteur devrait toujours venir d'un endroit  adopté par lui seul pour se poser là, 

capable de rassembler ses inspirations en un message 

clair. Tim Robbins a passé 10 jours dans le silence d'un centre de méditation Vipassana en 

Inde, où il n'avait pas le droit d'écrire non plus. La voix trahit des souvenirs douloureux du 

passé, comme sur Our Demons, mais c'est le simple plaisir de laisser les impressions de vie 

remonter à la surface, avec toute la fraîcheur dont est capable ce genre de country rock, qui 

prédomine. Et il y a un hymne indispensable en fin d'album, une chanson qui marche quel que

 soit notre âge, notre condition, nos goûts en matière de vie : Divisionary (Do The Right Thing).

 Tambourins, piano, percussions explosives, et chant en call-and-responses donnent une 

épiphanie pop moderne. En attendant le deuxième et hypothétique album de ce groupe aux 

voix entrelacées et juvéniles, Avi Buffalo, que Ages and Ages évoquent souvent...

PROTOMARTYR - Under Color of Official Right (2014)




OO
intense, sombre 
post-punk, rock alternatif


Enregistré dans un froid glacial à Detroit, cet album est déjà une référence post-punk, avant

 même qu'on puisse se le procurer. Son austérité de guitares tournoyante est traversée d'une 

basse enlevée qui donne une rondeur inattendue aux morceaux.  Les sentiments s'insinuent en 

nous par à coups contradictoires, le groupe parvient même à faire oublier un peu qu'existent 

The Fall ou No Age, par exemple. Ils nous encouragent à chaque minute à trouver non pas la 

sortie, mais la clef qui nous fera comprendre cette oeuvre, la ville à laquelle elle se rattache, et 

accepter tous les défauts d'hospitalité et les solitudes. Ils nous montrent des humeurs comme 

des rues, entrelacées, interconnectées telles des sections rythmiques. Scum, Rise !, Come 

and See et I'll Will TAke That Applause donnent à l'album une dernière moitié digne, l'une des 

meilleures que l'on puisse imaginer pour un groupe qui souhaiterait faire une grande oeuvre

 tout de suite, mais veut aussi aller réchauffer sa vie ailleurs.  
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