“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

intense (74) soigné (74) groovy (68) Doux-amer (59) ludique (59) poignant (59) entraînant (53) envoûtant (53) original (52) communicatif (47) sombre (47) lyrique (46) onirique (46) pénétrant (44) sensible (44) élégant (43) apaisé (42) audacieux (42) attachant (40) hypnotique (40) lucide (38) vintage (38) engagé (35) intemporel (31) Expérimental (28) Romantique (27) frais (27) intimiste (27) orchestral (26) rugueux (26) efficace (25) fait main (25) spontané (25) contemplatif (23) varié (23) funky (21) nocturne (20) puissant (20) extravagant (19) sensuel (18) inquiétant (15) lourd (15) Ambigu (10) heureux (10) épique (10) culte (8) naturel (3)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

lundi 28 juillet 2014

JOHN HIATT - Terms of My Surrender (2014)






OO
poignant, lucide
country rock, folk rock, songwriter

Que doit faire un songwriter dont les albums qui ont attiré le plus d'attention sont parus il y a si longtemps, si ce n'est continuer d'enregistrer ce qu'il croit bon, sans plus se soucier de savoir si ses chansons vont laisser un sillon ? Avec une voix qui se rapproche de plus en plus de celle de Dylan, Hiatt, 62 ans, en laissera un, en chantant qu'il faut prendre son temps, mais aussi redresser les torts. Peut importe qu'il chante avec le nez, les mots choisis pour Face of God frappent aussi bien que Ry Cooder entre sa campagne contre Mitt Romney et sa description malicieuse des frasques de Kash Buk, son fou de hot rods. Il chante comme si voulait nous présenter un mec à la vie terrible, pas vraiment lui. Marlene est une récréation savoureuse, Wind Don't Have to Hurry le moment le plus brave de l'album, vengeur, menaçant, qui remet dans un grondement contenu les autres à leur propre inconsistance. Si Hiatt est là pour donner des chansons à reprendre dans les parties du samedi soir, ce n'est pas ce qui transparaît le plus. Il sait, pourtant, que son statut de 'grand songwriter' fera qu'on se servira comme on pourra, en respectant, on l'espère, tout le mordant de ces versions originales déjà organiques. Pas une chanson qui n'est pas un versant raide et touchant, où chaque détail ne puisse susciter le respect, sans que le tempo n’accélère inutilement, Nobody Knew His Name est baignée de slide et de banjo. Baby's Gonna Kick s'amuse des vieux jours qui arrivent. Nothin' I Love a un riff mémorable et plein de phrases pour aller avec : "they took my money and that makes me cry." Pourtant, la seule incertitude des lendemains est celle qui concerne la santé de notre homme. Il y fait allusion, en se déchargeant toujours un peu sur cet avatar, ce mec terrible qui en fait des tonnes. En attendant, Terms of My Surrender, la chanson titre, est un régal qui nous ferait presque préférer cette version dédramatisée de lui-même.

CARLA BOZULICH - Boy (2014)





OO
intense, inquiétant, intimiste
rock alternatif, expérimental

L'intensité émotionnelle qu'elle met dans sa musique rappelle parfois Julie Christmas, la chanteuse de Made out of Babies. Mais celle-ci vient de Brooklyn, tandis que Carla Bozulich est de Los Angeles. Il y a cette impression que Bozulich couve les cendres d'une carrière musicale incandescente, démarrée à 15 ans à peine, dont le feu dévastateur s'est transformé en froide désillusion. Ce n'est pas un hasard si les meilleurs morceaux sur cet album sont hantés, mais on ne sait pas s'il s'agit de regret ou d'une veine spirituelle qui demande d'invoquer un renfort de fantômes. Peut-être n'est-ce pas des fantômes, mais seulement que, comme Carla Bozulich préfère improviser, les morceaux trouvent leur justesse dans une respiration sourde qui les parcourt, leur permettant, sur Danceland par exemple, de nous couper le souffle. Les mots agressifs et les textures sont empruntés au rock indus. C'est aussi l'album d'une artiste qui a beaucoup collaboré et se retrouve désormais seule avec ses idées, leur offrant l'audace du dépouillement. Veut-elle encore s'exprimer par la langue trop propre des hommes, après avoir enregistré avec son art-groupe Evangelista un disque baptisé In Animal Tongue ? Quel que soit le véhicule de ses idées, la critique suit : Boy commence même à lui attirer une véritable audience. Qui est cette femme-corbeau provocante et fragile comme PJ Harvey il y a 20 ans ? Boy est superbement enregistré, varié et cinématique dans ses textures, nous investit peu à peu tout en paraissant si détaché. Lazy Crossbones et What is it Baby confirment l'impression de chansons enrobées avec du cœur et non pas seulement avec une intransigeante amertume. 

JIMMY "DUCK" HOLMES & TERRY "HARMONICA" BEAN - Twice as Hard (2014)





OOO
intemporel, rugueux, spontané
Blues

Retourner au Mississippi des juke joints, après des volutes de pop, pourrait paraître un dur retour à la réalité. Entre deux inondations, le terrain fangeux laissé par le fleuve est pourtant propice à une liberté totale, un imaginaire foisonnant. Un esprit né de la réalité la plus brutale. Comme dit Jeff Konkel dans les notes de pochette de cet album miraculeux, si Holmes et et Terry Bean jouent, chacun de leur côté, un bleus assez dur, ensemble, ils produisent l'une des musiques les plus vraies du delta. Le lien qui les unit produit de l’électricité, une singularité qui les éloigne de toute société musicale préformatée. Ils agissent selon leurs propres règles. Certains bluesmen s'en sont échappés comme de grands manipulateurs de mots (et de femmes ?), d'autres comme des guitaristes impossibles à imiter. Le blues agissait comme une conversation, avec soi-même et ceux qui les écoutent de près. Twice as Hard donne l'impression d'être deux fois plus près des musiciens que la plupart des albums enregistrés aujourd'hui. Nous sommes avec eux dans de grandes salles remplies de chaises de plastique, insensibles à l'eau qui monte. Le quotidien autour de Clarksdale en de Bentonia est rude, Jimmy Holmes et Terry Bean épinglent les jours, les ralentissent jusqu'à les rendre hypnotiques. Sur Park You Car, les interjections de Holmes et les notes les plus aiguës de Bean nous redonnent la volonté que le temps, peu à peu, nous a retiré. L'envie de se remettre sur la route, complètement libre, vers le delta le plus proche.

Je remercie Hugues qui m'a offert ce disque pour mon anniversaire... Et je m'en vais écouter le dernier podcast de son émission blues de ce pas !  : 

http://www.mixcloud.com/DrWax31/clarksdale-radio-show-2013-2014-14/


KISHI BASHI - Lighght (2014)






OO
soigné, entraînant, orchestral
Pop progressive

L'autre petit prodige au violon, Owen Pallett, pouvait sembler trop réfléchir. Merveilleusement désinhibé, l'américain Kioshi Ishibashi (son véritable nom) a partagé les festivités avec le groupe Of Montreal, avant de démarrer logiquement une carrière solo, étant donné le potentiel que ses années de formation musicale sur la côte est lui avaient donné. Son deuxième album est d'abord trop pop, puis on est obligés de se rendre à l'énergie, à la joie, à la sensibilité même que dégage cette quête d'une équilibre parfait. Comme pour le prouver, sa ballade à la guitare pour chanter un amour déçu entre deux grandes séquences de chansons extraverties, amenées à un fantasque orchestre retro-futuriste par un violon électrique. Quand vient Ha Ha Ha pt.2 et ses synthétiseurs ressemblant à des voix humaines haletantes, on s'est si bien laissés portés que toute l'essence de l'album transparaît : sa lumière, c'est son élégance. Les réminiscences du rock progressif sont rendues parfaitement acceptables par la souplesse des idées. Ce qui était des aberrations de production sur les albums folk rock des années 1970 est ici transfiguré en petites victoires. Par exemple Carry On Phenomenon, où l'artiste est l'hôte parfait : voix maîtrisée jusque dans le falsetto, déhanchement musical et séquence virtuose que Rick Wakeman n'aurait pas réussi à faire passer à la postérité. Tout est une question de secondes, et Ishibashi sait qu'il ne faut pas jouer plus d'un instant sur la même corde.  Après In Fantasia, le 'finale'  assez grandiose, deux titres bonus nous amènent plus près de l'inde ou l'indie rock de Midlake sur lequel on soupçonne Ishibashi d'avoir rêvé lui aussi. 

dimanche 13 juillet 2014

SLOWDIVE - Pygmalion (1995)








OO
apaisé, inquiétant, onirique
electronica, shoegaze

Après l'écoute de Pygmalion et un aperçu de la carrière de Slowdive, c'est plus facile de voir ce qui rend un groupe attachant. Entre 1991 et 1995, ils n'enregistrent que trois œuvres avec juste assez de non-dits et de silences entres elles pour susciter le fantasme dans l'imagination. Nos rêves étant basés sur ce que ce groupe aurait pu être, et donc, par extension, deviendrait peu à peu dans les cœurs des auditeurs à venir. En 2014, Slowdive jouent de nouveau des concerts d'une grande qualité. Ils viennent combler le vaste espace qu'ils ont laissé en disparaissant sous les quolibets de la presse anglaise utilisant alors Oasis comme échelle d'appréciation. Just For a Day (1991) les a mis sur la route de Souvlaki (1993), avec lequel ils ont trouve l'apothéose de leur son, capable de provoquer tant d'effets complémentaires sur l'auditeur : relaxant, excitant et émouvant. Puis Pygmalion, enregistré presque entièrement à l'aide d'un ordinateur et de boucles, a presque failli déconnecter la musique de sa patte humaine, dans l'intention d’enregistrer l'album céleste ultime. On est loin de la musique d'ambiance de Brian Eno : d'abord parce que Slowdive reste un groupe. Qui décide de sacrifier presque tout ce qui faisait le succès des groupes des années 1990. Comme My Bloody Valentine avec Loveless (1991), ils poussaient leur volonté d'expérimentation dans ses derniers retranchements : mais alors que ce dernier ne laissait presque plus aucune place pour l'auditeur, Pygmalion fait une grande place aux appréhensions et aux inquiétudes que suscite l'écoute de cette musique. On y entend tout ce que l'electronica et le rock alternatif a fait de plus désolé depuis. S'ils fallait choisir un seul morceau, peut-être serait-ce Blue Skied and Clear : mais comme toujours dans ce genre d'expérience, chaque morceau contient des éléments visionnaires et participent de l'atmosphère qui fait qu'émane de Pygmalion un style affirmé, en dépit de ses contours diaphanes.


  • On peut écouter Alison ou Souvlaki SpaceStation pour se prouver que Slowdive faisait partie des grands du mouvement shoegaze. 
  • Inutile de préciser qu'ils ont beaucoup inspiré : Sigur Ros, Radiohead... Cette année, le groupe français Alcest, avec un morceau comme Delivrance, rappelle beaucoup Pygmalion. 


vendredi 11 juillet 2014

SEAN ROWE - Magic (2010)








OO
nocturne, sensible
folk rock

Certains n'hésitent pas à en faire un émule un peu brouillon de Leonard Cohen. Je vois bien quelques coeurs du type I'm Your Man, mais rien de sérieux dans ce sens. Allez, peut être Old Black Dodge, mais qui s'en soucie ? On l'accuse d'être nonchalant dans son approche des paroles, comme un mauvais Tom Waits, et de trop forcer à devenir le héros qu'il devrait être. Mais que les analystes se calment ; à le voir, vagabond urbain, on se dit que Rowe est exactement tel qu'il devrait être. Il y est allé au club, il a joué, noté quelques paroles sur un carnet, sans étaler de science mais en fonctionnant à l'affect, et sa voix extraordinaire a fait le reste.  Ce qui peut paraître classique dans ce disque, c'est le style naturel d'un songwriter qui ne se cherche pas, mais qui exprime spontanément des histoires dont les vérités apparaîtront facilement comme des maladresses et des clichés. Ce n'est peut être pas assez spirituel pour certains, qui s'attendent à ce que ce genre d'album apolitique et païen dégage une amère culpabilité pour cumuler toutes ces libertés. Ce qu'il recherche, c'est la magie et l'innocence, 'I was magic like a child'. Night, American et The Long Haul valent que l'on s'arrête écouter Sean Rowe avant de se plonger dans un profond sommeil. Le lendemain, le souvenir de son timbre grave et original viendra vous retrouver. Voir la belle interprétation de Surprise ci dessus, assez différente de la version de l'album ! Et une reprise de.... bon, ok. Avec Lost in the Trees, le 'groupe de l'année' 2012 dans Trip Tips. Et enfin, une autre reprise de... oui, bon ok, de LUI ! Je vais me coucher. 

Sur pledgemusic, Sean vous propose plein de manières amusantes de soutenir le financement de son nouvel album et de sa tournée... vous pouvez même le faire chanter une reprise, précise t-il, du moment que ce n'est pas du Nickelback. 

http://www.pledgemusic.com/projects/seanrowe

IMARHAN TIMBUKTU - Akal Warled (2014)





OO
hypnotique, entraînant
Blues touareg

Tinariwen, le groupe qui porte l'étendard des musiques maliennes les plus électriques est parvenu à rester fidèle au son de ses débuts, malgré un enregistrement en Californie. Les groupes touareg ne sont t-il pas destinés à parcourir le monde ? Le Mali, un petit pays, un pays de fronts menacés ou de villes à l'arrière garde, selon le côté duquel on se tient. Les touaregs se posent, en observateurs de leur territoires, du côté de la vieille histoire, du respect des traditions, et bien sûr du désert qui constitue un lieu de culte et de ressource. Ce 'tenere' est de toutes les célébrations. Cette musique vous donne l'impression d'un monde sans limites, où l'expression musicale est vitale. La voix de Mohamed Issa reste fidèle au pragmatisme qui semble être la marque de la musique touareg, les thèmes politiques abordés avec la fierté de ceux qui ont vu. Ils sont là pour susciter des images ; pas des images brutales, mais de nostalgie, de solidarité, de réconciliation. Akal Warled est un disque soigné, le premier d'un groupe désirant mettre en avant la pureté du blues touareg au travers de guitares électriques incisives et mélodieuses. Les mélopées répétitives s'élèvent, nous envoûtent sur Taliat Ta Silkhourout : à ce point là, au milieu de l'album, chaque morceau rayonne un peu plus que le précédent.

GRUFF RHYS - American Interior (2014)









OO
attachant, intemporel,ludique 
indie rock, pop 

Entendre Gruff Rhys, adepte de la mélodie pop rock rocambolesque, s'en prendre à l'un des plus vieux mythes américains (en fait, qui remonte même avant que l'Amérique porte ce nom) est étrange. Plusieurs morceaux décrivent pour moitié la découverte supposée des Amériques par un prince Gallois en 1170. Mais sur 100 Hundred Messages, l'acte de poser le pied sur le continent intègre la culture geek, avec une amourette de loser. The Whether (Or Not), où Gruff Rhys prend un timbre falsetto, nous plonge en plein héritage glam rock et fait songer R Stevie Moore. Le charme lo-fi emprunté à l'hirsute inventeur du home recording et aristocrate de la pop collée à la main parcourt tout le disque. Le piano, les cordes promettent des horizons pop sixties sans quoi American Interior serait moins touchant et trop haut perché, une véritable tranche de science fiction. Les cordes rappellent un numéro de David Bowie, mais lequel, sur Liberty (Is Where We Will Be) et suggèrent des chevauchées indiennes sur le très orchestral Lolo. L'usage de la langue galloise achève le geste tribal d'un artiste persuadé d'avoir quelque part aux Etats Unis des cousins indiens, descendants de l'union des colons de son pays et des tribus locales. Walk into the Wilderness laisse penser que Rhys cherche à plaire à tout le monde. C'est toujours vain mais le résultat, grâce aux mélodies qui se tiennent jusqu'au bout, est agréable.

WILL KIMBROUGH - Sideshow Love (2014)





OO 
poignant, doux-amer, contemplatif 
americana, folk 

 Nous sommes quelque part au sud des Etats Unis, et Kimbrough mérite, s'il ne s'y trouve, de figurer sur la carte qu'Hayes Carll avait habitée de tous les singers-songwriters avec lesquels il aimait se retrouver. Le compositeur cinquantenaire a collaboré par le passé avec Rodney Crowell, Todd Snider et beaucoup d'autres que je connais moins. Des chansons épurées, brûlant lentement d'un feu intérieur, quand une ambiance de carnaval de perturbe pas le sérieux de l'affaire (sur la chanson titre). L'humour noir ne sera jamais très loin de la fragilité. Chaque phrase sonne à la perfection. De la grande chanson américaine, moderne, où la guitare slide est reine quand elle se fait entendre. Des rythmes blues, des valses, des chansons folk percutantes, des ballades, toutes des compositions poignantes qui rappellent l'esprit des années 1970 et Townes Van Zandt, Roy Harper (incroyable I Want Too Much, la version studio en tout cas) et d'autres grands noms... que je connais moins. I Can Count on You est une ballade saisissante. Alors, une perle rare ou pas ?

jeudi 10 juillet 2014

SUNNY DAY IN GLASGOW - Sea When Absent (2014)






OO
synth-pop, indie rock
apaisé, envoûtant, expérimental

"C'est peut être comme ça que la musique pop va de plus en plus sonner : des paroles à peine audibles, un magma sonore plein de stimulations incompréhensibles pour l'oreille humaine."  On pouvait déclarer cela au sortir des années 80, mais aujourd'hui, il fait reconnaître que ça donne un petit côté nostalgique à notre appréciation, car plus rien ne semble pouvoir nous surprendre. Sunny Day in Glasgow n'est pas vraiment nostalgique, et vit complètement, de façon polyphonique, dans l'instant présent. Cet album, le 4ème du groupe anglais, est plus immédiat que jamais, même si on réfléchit à tout ce qui se produit au cours de cette dense traversée  - aux accents épiques dans son milieu - , c'est étourdissant. C'est un groupe dont les 'chansons' reposent sur la ténacité des claviers, sur des sinuosités vocales, les deux se combinant dans une brume électrique enivrante. Voir Never Nothing (It's Alright[It's Ok]) pour le point de non retour où synthétiseurs et voix fusionnent, ce qui débouche sur le beau refrain de The Body, It Bends par exemple. Le producteur est celui de The War on Drugs et Kurt Vile : il sait faire ressortir tout le soleil de cette musique fragmentée et multi-layerée, transformer les morceaux en sensations, comme ce magnifique Crushing '. Ils méritent leur timbale 2014 d'expérimentateurs noise pop, non loin de St Vincent. Une englishness entre Goldfrapp et Lanterns on the Lake en plus.  

LOWER - Seek Warmer Climes (2014)






O
intense, rugueux
post punk

A la première écoute, c'est martial. Puis la musique de ces danois devient puissante ; à la fois introvertie et rebelle, angulaire, rampante et intense, parfois même claustrophobe (sur les 7 minutes de Expanding Horizons, que Michael Gira des Swans ne renierait pas) pleine de dynamiques contraires, entre punk et no wave. Le disque ne nous repose jamais, plein de rebondissements malgré la voix monotone et scandée du chanteur. Après Expanding Horizons redémarre la seconde moitié de l'album, sur les roulements de tomes très post-punk de Bastard Tactics.  On y reviendra pour une certaine grandiloquence, des riffs (Arrows...) qui définissent à chaque passage plus clairement les chansons, qui font vite oublier les influences, un trait noir punk entre les années 70 et 90. A noter que chez Matador, ils partagent le label de Fucked Up et de beaucoup d'autres bons groupes. 

THEE OH SEES - Castlemania (2011)




OO
ludique, extravagant, spontané
psychédélique, garage rock

Un album très pop des inénarrables Thee Oh Sees ! Rien que dans l'année 2011, il y en a eu 2 autres. Quand on commence par Castlemania, on ne veut plus s'arrêter d'écouter ce groupe californien délirant, désormais débarrassé pour l'instant de son petit pendant sinistre et lourd. Les morceaux sont pop dès la première seconde, ils sont enfin concis, il y a du saxophone et de la flûte comme dans Jethro Tull. Si les morceaux sont courts, ils trouvent tous leur saveur particulière, ce qui donne un total généreux et varié. Certains instruments se démarquent souvent, comme les claviers sur Blood on the Deck, et mille formes de guitares.  Et bien sûr, quand on les écoute avec la perspective de les voir en concert, les nuages dans le ciel deviennent définitivement roses. C'est l'album d'un groupe plus libéré qu'à l'accoutumée : ils laissaient derrière eux leur ancien studio, 'cher au coeur' du chanteur et ont passé quelques journées mémorables et productives.
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