“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

dimanche 10 août 2014

BEAR IN HEAVEN - Time is Over One Day Old (2014)




OO
nocturne, contemplatif, lucide
synth pop

Qu'est-ce qu'un style musical ? A l'écoute de Bear in Heaven, l'un de mes groupes préférés au sein du label Dead Oceans, on serait tenté de dire, que c'est une humeur. Ce qui importe au sein d'un label, c'est la diversité, le contraste, et derrière cette façade, la façon dont les humeurs se recoupent. La cohérence des artistes donne quelque chose de fort, le portrait d'une décennie se construit. Au fil des écoutes, Time is Over One Day Old s'est affirmé, dans ses moments le plus accrocheurs (Demon) comme dans ses espaces dénudés, (la deuxième moitié de They Dream, la fin de Way Off, la totalité de Dissolve the Walls). Il y a toujours cette impression que Bear in Heaven essaient d'explorer deux dimensions simultanément. Etre immédiatement entêtants, et se plonger dans une solitude spatiale. Il jouent à s'éloigner de nous, laissant des balises sonores gratifiantes sur le tard. Leur détachement semblait être l'attitude la plus indie de l'année sur leur album de la confirmation, Beast Rest Forth Mouth (2009), avec déjà ces synthétiseurs singuliers, l'impression qu'on pouvait écouter de la synth pop et encore se sentir en terrain inconnu. 

Leur rock éthéré, calibré mais selon leurs propres rites, ne fait plus tout à fait le même effet. Après le très accrocheurs Time Between et le balancement huilé du réussi If I Were to Lie viennent des moments qui ressemblent à des improvisations tardives, comme des réflexions après coup, décrivant des sensations trop vraies pour vraiment être retranscrites avec des 0 et des 1 lancés sur le bitume refroidi. Idéal pour déambuler dans les rues d'une grande ville la nuit. They Dream, donc, se réécoute toujours avec une légère appréhension. Les sirènes de la réalité sont altérées a la moitié de la chanson, menée tambour battant, quand le groupe s'offre sa première parenthèse de solitude, qu'on serait tenté de décrire comme 'bien méritée'. Le prédécesseur de ce disque avait la densité d'une équation difficile à résoudre. Les guitares de la contemplative The Sun and the Moon and the Stars ne font que nous perdre un peu plus, et on entend surtout les mots 'once in a lifetime', comme un écho à l'angoisse des vies calibrées chez les Talking Heads. Chaque blip sur Demon provoque une sensualité presque agressive que I Love You, It's Cool (2012) avait à peine suggérée. Ils titillent le vide, celui, créatif, de New York à l'époque où la finance a remplacé le rêve ? Les choeurs, réels ou fantasmés ensuite sur Way Off, sont une bonne trouvaille. N'appartenant à aucun genre réel, ce disque revendique le droit de laisser flotter des humeurs que l'on ne peut pas toujours rassembler. Ce n'est pas toujours facile, comme le sublime le refrain de Memory Heart.

CHEATAHS - S./T. (2014)





O
groovy, pénétrant, efficace
shoegaze, indie rock


Ils ont été décrits comme le lien manquant entre Dinosaur Jr. et My Bloody Valentine. Il n'y a pas les solos, ou même les compos épiques de J Mascis, ou encore l'agressivité sonixuelle de Kevin Shields/Belinda Butcher pour le confirmer. Mais dans cette ère où même Rather Ripped (2006), l'album des Sonic Youth, commence à s'éloigner et à faire partie de l'histoire, ce genre de rock les rappelant clairement ce qu'il est possible de faire avec des guitares électriques est le bienvenu. On a envie de croire que le shoegaze est plus fort que jamais, avec les sons de Loveless (1991) et tout le reste ressuscité. Le groupe sait ce qu'est le développement harmonieux d'une chanson : les meilleurs morceaux sont certains des plus longs : The Swan (très Sonic Youth), Mission Creep, IV... Cette dernière chanson montre leur capacité à nous faire rêver, plus souvent qu'à les soupçonner de répéter des formules, et dès lors, peu importe qu'il n'y ait pas de riffs particulièrement mémorables ; on y reviendra, encore et encore, car le shoegaze crée cette sensation de manque. A l'épreuve de la scène en Août à Saint Malo, déjà riche en jeunes sensations britanniques avec Toy et Temples, ils franchiront sans doute la ligne des groupes les plus attachants de 2014. Ils ont déjà l’attitude généreuse, produisant, mixant eux-mêmes dans une profusion de sons qui met à l'honneur toutes les guitares, jouant à se renvoyer des vagues de riffs comme celles de l'atlantique (du canada, le guitariste/vocaliste Nathan Hewitt a fini à Londres).

I WAS A KING - Isle of Yours (2014)





OO
entraînant, soigné, naturel
indie pop

L'album des New Mendicants, le duo qui réunit Joe Pernice et Norman Blake (Teenage Fanclub) ne m'a qu'à moitié transporté. Les harmonies auraient du le traverser sans efforts, la production aurait pu être subtile comme sur cet Isle of Yours, par un groupe qui doit beaucoup à Norman Blake. Il aurait fallu au moins les effets, et le souffle de l'orgue électrique. Le précédent album de ces norvégiens sympathiques, le superbe You Love it Here (toujours en écoute et en vente sur Bandcamp), souffrait d'un seul défaut : trop ressembler à Teenage Fanclub (un rock dense et enlevé, des ballades power-pop hyper faciles à écouter, trois compositeurs au coude à coude, capables de rendre crédible le rock mélodique dans une décennie impitoyable). Ici, Anne Lise Frokedal devient le centre l'attention, quand c'était plutôt l'osmose entre Frode Stromstad et les invités Robyn Hitchcock et Norman Blake qui était à l'honneur précédemment, répétant inlassablement la même formule rodée soutenu par des refrains ravageurs. Sur deux des meilleures chansons, Pet Cemetary et One of Us, Frokedal trouve le bon équilibre entre légèreté et austérité, et la justesse de ses performances illumine tous les arrangements, qui prennent le pli de plus d'orchestration ou de rêverie  électrique. Quelques expérimentations, telle la fin de Pet Cemetary et ses violons, donnent l'impression que le groupe est à la recherche d'un son plus vaste, capable de satisfaire même ceux qui avaient laissé tomber REM dès la fin de leurs années de collège. On écoutera moins Accelerate (2008) maintenant qu'on a des chansons comme Bygdoy 30. Même quand les mélodies paraissent déjà entendues, quelque chose dans le développement du morceau ne peut nous empêcher de penser que le trio a longtemps réfléchi à sa singularité et sa pertinence.

lundi 4 août 2014

SELECTION - Août 2014


STEVEN WILSON - Cover Version (2014)





O

OO
nocturne, soigné, lucide
indie rock, rock progressif

D'abord une reprise d'Alanis Morisette. Steven Wilson, chantre de la chanson 'progressive', y est vulnérable. Avec une guitare acoustique, il se révèle avec simplicité, recherchant une présence par les ambiances et les mots. Un peu le pendant de Jonathan Wilson, il en donne une preuve éclatante avec Moment I Lost, une ballade qui laisse un peu plus entrevoir ses capacités hors du commun à imaginer une chanson, ou comment trouver le chemin depuis le départ, la voix, et l'envoyer dans des endroits aussi vastes qu'intimistes. Puis c'est ABBA, et surtout The Cure, qu'on est heureux d'entendre dans ce contexte parfait pour elle, car c'est l'une des meilleures chansons de rock jamais composées ! Wilson enregistre un album respectueux, aussi calme que lucide, lui qui est capable de voir à travers les chansons l'essence de ce qui nous émeut et nous remue à l'intérieur. Il tire tout le parti de sa voix, de se qualités de compositeur poltergeist, de sa capacité à ajouter d'autres dimensions à une simple trame acoustique. Simplicité, légèreté et profondeur ne seront pas réunies de façon aussi élégiaque que sur The Day Before you Came, la reprise d'Abba, tandis que la mélancolie de The Guitar Lesson et la magie progressive de Lord of the Reedy River nous font comprendre, rétrospectivement, ce qui a pu pousser un groupe de death metal, Opeth, à enregistrer un album de rock progressif (Wilson a collaboré avec le compositeur du groupe). An End to an End termine de façon quasi sépulcrale. 

CANDY CLAWS - Ceres & Calypso in the Deep Time (2013)





OO
original, soigné
shoegaze, dream pop, indie rock

Au début de l'année 2009, en plein hiver, Animal Collective faisait paraître Merriweather Post Pavillon, un album qui malgré les synthétiseurs gardait la vibration naturelle et la légèreté rayonnante des albums du groupe. Ils étaient le rayon de soleil que certains qualifièrent, dès le 9 janvier, d'album de l'année. Candy Claws respecte mieux les saisons en faisant paraître son album en juin. Mais le shoegaze (guitares fortes, riffs à effet brouillard, mélodies pop dans un chant voilé) et la dream pop semblent ces derniers temps en pleine expansion temporelle, depuis que My Bloody Valentine est réapparu 20 ans après leur dernier album. Quel que soit le moment de l'année, des groupes shoegaze, synthgaze, pop talentueux et audacieux prennent leur place dans le canon indie rock et font oublier l'impression surannée d'être une musique d'été. Candy Claws joue selon son propre livre, méticuleusement annoté depuis plusieurs années, ou désormais les riffs et les textures sonores sont balancées pas une précision mélodique évoquant plus le génie des années 60 (Phil Spector, les Beach Boys..) que les groupes des vingt dernières années. Ils ont réussi l'exploit du disque à la fois idyllique et bien construit, avec des réminiscences mélodiques qui jouent en faveur de la cohésion de l'album, des mélodies de plus en plus puissantes à chaque écoute, un son précis et détaillé. On se laisse quasiment bercer par White Seal, malgré l'étrangeté assumée de la production, noyant les voix. Quelques trémolos provoquent une irrépressible nostalgie. Sur Fern Praire, ces trémolos se mêlent de cordes d'orchestre dans un monde ou James Bond aurait croisé Willy Wonka.  Et des mondes, Candy Claws savent en construire à foison. Fell in Love et Pangea Girls continuent cette dichotomie entre le électricité discordante et rêverie. Une fois le principe accepté, on peut apprécier le voyage dans des ambiances et des rythmes toujours plus surprenants. 
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