“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

intense (74) soigné (74) groovy (68) Doux-amer (59) ludique (59) poignant (59) entraînant (53) envoûtant (53) original (52) communicatif (47) sombre (47) lyrique (46) onirique (46) pénétrant (44) sensible (44) élégant (43) apaisé (42) audacieux (42) attachant (40) hypnotique (40) lucide (38) vintage (38) engagé (35) intemporel (31) Expérimental (28) Romantique (27) frais (27) intimiste (27) orchestral (26) rugueux (26) efficace (25) fait main (25) spontané (25) contemplatif (23) varié (23) funky (21) nocturne (20) puissant (20) extravagant (19) sensuel (18) inquiétant (15) lourd (15) Ambigu (10) heureux (10) épique (10) culte (8) naturel (3)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

vendredi 24 juin 2016

M CRAFT - Blood Moon (2016)







OO
onirique, nocturne, apaisé
dream pop, pop rock californien 


Quand on joue du piano, la ponctuation est primordiale. Dans ce qui semble une mer tranquille, sur Afterglow par exemple, la façon de jouer est pleine d'emphase. La différence est subtile avec le calme plat, l'encéphalogramme est accentué par des accords qui transforment la mélodie, avec la lenteur et l'effectivité d'une musique enregistrée dans le silence le plus sourd. Le compositeur d'origine australienne M Craft (Martin Craft, mais on est tenté d'y lire 'l'artisan') enregistre là son premier album depuis Arrows of the Sun (2009), et il se rattache à ceux que la pop laisse à la solitude, tel Bon Iver. Un moyen de tirer du réconfort d'une désolation toute relative.


C'est autour d'un grand piano (si seulement il l'avait transporté au milieu du désert Mojave, ce serait un bon début pour raconter l'histoire troublante de Blood Moon) que se construit l'album, rappelant comment Jonathan Wilson expliquait avoir amplifié le son de son album Fanfare simplement en mettant un tel piano en son centre – les chansons étaient aussitôt devenues plus vastes. Comme chez Wilson, l’ésotérisme est contrebalancé par une maîtrise parfaite de la luxuriance sonore. Blood Moon aurait pu être enregistré sous la supervision de Jonathan Wilson, tant la qualité sonore, la richesse chaleureuse des harmonies et les paroles à l'épreuve de tiraillements intérieurs évoquent Fanfare (écouter Love is the Devil).


Chemical Trails, c'est ces traînées de vapeur d'eau provoquées par les avions et que certains prennent pour des émanations chimiques destinées à changer la réflexivité de l'atmosphère. L'un des arguments de ceux qui affirment l'existence d'une telle chose, c'est qu'on ne regarde pas assez le ciel. Le ciel est un des thèmes centraux de l'album, les possibilités de la lune, une fois ces images d'une beauté frappante ramenées à Los Angeles, ou l'album a été assemblé, puis décrits comme une « odyssée cosmique au piano. »

Fondu dans son propre temps, dans celui de ses origines, dans sa propre ombre, M Craft crée une œuvre détachée de tout impératif, et parvient à nous affecter, en nous donnant envie de retrouver l'origine de ces mélodies, de ces sentiments qui dissimilent de grandes batailles et une grande félicité. Ailleurs, comme sur Me and My Shadow, le piano s'élève dans des traînées scintillantes, avant que de lourdes percussions viennent, doucement, livrer les auspices sereins à la lourdeur de l'air. Midnight et Morphic Fields, voués à d'autres instruments à cordes comme le violoncelle ou la harpe, semblent distendre toujours plus l’espace, tandis que le piano, toujours mesuré et intelligemment utilisé, prend un ton funèbre. Pareil pour la basse sur Where go the Dreams, une chanson qui approche, à renfort de chœurs et de violons, d'un dénouement parmi les plus beaux depuis longtemps : les six minutes exaltant une candeur puissamment reliée à la scène de Laurel Canyon, avec Love is All. Cela comme par un déluge de touches noires, et des chimes, avant que Martin Craft nous dirige peu à peu, éperdu, vers un dénouement lumineux. « I am done with resistance/I am only yours ». La batterie est disparate, comme une pluie intempestive, qui, quelques chanceux le savent, est l'élément le plus musical dans le désert.

jeudi 23 juin 2016

HAWKWIND - The Machine Stops (2016)





OO
épique, groovy, audacieux
post punk, psych rock

Autant dans ses excellents concerts que sur disque, en 2016 Hawkwind sonne comme un groupe qui sait exactement où il va. Son versant punk n'a jamais paru aussi bienvenu et salvateur qu’aujourd’hui, surtout quand on sait que c'est sous le joug de Dave Brock, le seul membre original du groupe anglais connu pour avoir dressé Lemmy Killmister à la baston instrumentale. Quelque part vers la fin de Lost in Science (c'est à dire après presque une heure), quand une voix ombrageuse reprend un poème entamé au début de l'album, on se dit que The Machine Stops est un album épique qui a réussi à raviver ce qui faisait d'Hawkwind un groupe excitant jusqu'à Quark, Strangeness and Charm (1977), et plus épisodiquement au-delà. Brock, en patriarche du rock psychédélique, veille ostensiblement à ce que tout se déroule pour le mieux, il sait encapsuler chaque instant de cet album, et ses backing vocals produisent les moments qui laissent croire qu'Hawkwind est immortel. 

C'est un mélange de sons issus de l'esprit hanté de littérature, des capacités de musiciens hyper précis de ces six êtres humains, marchant au devant de toutes les turpitudes qu'a traversé ce vaisseau au cours des années. C'est aussi le son d'une sorte de machine qui émet sa critique d'une autre machine, l’avènement d'un monde où ce qui différencie l'être humain lambda – s'il n'a pas le bon réflexe de s'emparer d'une guitare et de devenir – est en train de sacrifier sa personnalité au profit de la machine. C'est album iconoclaste sur la standardisation des pensées et des sentiments, avec la solitude (un thème cher à ces explorateurs de l'espace-temps) comme conséquence inévitable – à moins, toujours, de s'emparer dès aujourd’hui de tout instrument valide à portée de main pour former un groupe.

Les paroles sont clairement focalisées. The Machine Stops, album concept qui épouse les thèmes visionnaires du roman de EM Forster, enchaîne les situations anxiogènes et exaltantes, avec une densité dont il faut se faire d'urgence le complice. Car au lieu d'être juste un nouvel d'Hawkwind, c'est l'un des meilleurs depuis ce Quark, Strangeness and Charm, et sans doute meilleur que celui-ci. Les ambiances changent, passant de la charge enfiévrée à la dépression avec un omnipotence de maniaco-dépressif. Dans le creux de la vague, on croirait Hexagone chanté par R. Stevie Moore, un champion de la pop auto parodique. Mais c'est encadré par Synchronised Blue et Living on Earth, qui, par leur mélange idée de fantaisie et de groove hypnotique. Un banjo se lance dans une valse cajun au milieu de cette dernière. C'est irrésistiblement anglais, avec ce sens du collage d'où jaillit parfois ce qui pourrait être Pump and Circumstance, au milieu de sons de synthés étrangement impossibles à voir comme 'datés'.

lundi 20 juin 2016

ATLANTER - Interview (2016)





http://www.atlantermusic.com/#/


Arild Hammerø , chanteur, guitariste et compositeur d'Atlanter, le fascinant nouveau groupe de rock alternatif norvégien, répond aux questions de Trip Tips. Leur album fait partie des grandes découvertes de la première moitié de l'année 2016.

Un des premiers groupes auxquels votre album m'a fait penser, c'est Genesis, et j'ai pensé que sans doute le temps était venu de remettre du rock progressif dans le domaine du rock à danser... Quelles sont vos inspirations pour le son des guitares ?

Arild Hammerø : Ahh, merci de penser à Genesis en écoutant notre musique ! Genesis est une inspiration majeure pour moi, et pour Morten (le bassiste). Je sais que Jens et Jonas apprécient aussi, mais leur goût pour la musique progressive des années 60/70 n'est pas aussi fort que le mien, ha ha. Nous avons une palette d'influences assez diverse, mais personne ne néglige le rock progressif. Je suis très inspiré, du point de vue de la guitare, par des guitaristes comme Steve Howe [Yes] et Steve Hackett [Genesis]. Le façon dont Robert Fripp [King Krimson] crée des lignes de guitare fluides m'a beaucoup inspiré.

Ce qui, je pense, est l'aspect le plus distinctif de Genesis, c'est leur habileté à créer des sections musicales qui évoluent harmoniquement d'une façon très organique. Je pense souvent à leur approche quand je compose, et en particulier quand j'improvise. Quand le groove évolue simultanément avec des progressions harmoniques, c'est mon truc favori.

Il semble que dans ce type de groupe, le batteur est l'élément moteur pour permettre à la musique de prendre des voies changeantes et successives. Quel a été son parcours pour en arriver là ?

Jens a une formation musicale. Et je suppose qu'il a joué avec tant de groupes différents dans des milieux divers qui l'on rendu versatile. Sa façon de garder le groove, très relâché tout en gardant une direction musicale affirmée, en fait un très bon batteur pour la musique que fait Atlanter.
Comment trouve t-on le succès aujourd’hui ?
Si on répond à ça, nous allons sans doute t'embobiner ha ha !Mais si on définit le succès comme avoir la liberté de faire ce que tu veux vraiment réaliser, quelque chose qui ne soit pas défini par des paramètres extérieurs comme les ventes, si tu suis ton propre appel intérieur et fais ce qui semble juste instinctivement, tu ne peux pas te tromper. C'est une grosse satisfaction personnelle. Particulièrement ces jours-ci, quand la tentation d'être quelque chose que tu n'es pas, d'agir de façon téléguidée, est tant encouragé par ton environnement, la publicité. Jouer la musique que tu souhaites le plus jouer est un succès.

Faut t-il que ceux qui vous écoutent puissent définir d'où vous venez, et où vous allez, ou le mystère est un élément important de votre musique ?

Eh bien, le plus important, c'est que, en dépit de nos inspirations musicales différentes, nous sommes néanmoins capables de jouer ensemble, d'improviser et de faire naître quelque chose de ça. Je pense que c'est le facteur le plus important. Le fait d'apprécier de jouer ensemble est le champ à partir duquel les références peuvent naître. Les références deviennent un mot vide de sens si elles ne sont pas enveloppées d'une certaine fraîcheur, et la musique jouée avec inspiration est toujours fraîche, quelle que soit son style ou genre.

Lisez vous des livres, comme celui de David Byrne, How Music Works ? [dans lequel le chanteur compositeur des Talking Heads planche sur la musique, son fonctionnement et a réception par l'auditeur]

Oui, nous l'avons acheté dans une librairie à New York quand nous y étions pour une petite tournée il y a quelques années. J'ai lu la première partie, mais je l'ai trouvé assez ennuyeux même si les informations qui sont données sont intéressantes. Un autre livre que je veux vraiment recommander est 'Supernatural Strategies For Making a Rock n'Roll Group' par I.F.Svenonius ! C'est vraiment drôle et c'est le plus fidèle rendu de l'ihistorie de la musique que j'aie jamais lu ! https://www.youtube.com/watch?v=nAq0RcKL45Q

A propos de David Byrne, tu sembles rechercher cet étrange charisme que les Talking Heads ont mis en avant dans leur musique, vraiment sur le devant de la scène. Chez vous, c'est Let it Fade, par exemple... De quoi parle cette chanson ?

J'ai écrit les paroles de celle-ci, et je suis entré dans un état d'esprit qui devait être la version spirituelle de House of the Rising Sun. Ça peut être vu comme une chanson d'amour entre deux personnes distinctes, ou comme les différentes parties d'une seule et même personne évoluant simultanément, mais par bonds et par différentes voies. J'aime qu'il y a ait un versant humoristique à cette chanson, ce qui est quelque chose que nous empruntons à Talking heads ou Queen. J'essaie d'alterner la tragédie et la comédie, ha ha.

Human vs Human est l'une de mes favorites, pour ce son qui semble en expansion et sa structure complexe. Comment avez-vous travaillé sur cette chanson ? Est t-elle issue d'improvisations ? De quoi parle t-elle ?

Celle-ci est le travail de Jens. Il dit que toutes ses chansons sont des chansons d'amour, et celle-ci ne fait pas exception ! La chanson a évolué, c'était juste nous en jouant ensemble, improvisant. Et Jens aimait vraiment le feeing d'enregistrer à partir d'une impro, alors il a écrit des paroles qui s'accordaient bien avec ce sentiment. J'ai toujours cette impression de conduire une voiture au milieu de la nuit, avec la pluie contre les fenêtres, quand je joue cette chanson. La section instrumentale a été improvisée en studio. Nous avions la structure de base de la première partie de la chanson. Et nous sentions que nous voulions l’amener plus loin harmoniquement, et Jens a écrit rapidement des structures harmoniques, et nous l'avons faites très vite. Un de mes moments favoris de l'album !

Pourquoi l'album et la chanson sont t-ils appelés « Jewels of Crime ». Ca peut paraître provocateur et se lire comme « jew oF crime » [les juifs du crime], au moment ou l’Europe est en plein repli identitaire.

Nous n'y avons pas pensé, jusqu’à ce que quelque le prononce mal et dise jews of rime. Oh mon Dieu, ça n'était pas voulu, ha ha ! Non, jewels of crime, c'est quand vous avez accumulé des richesses et de la célébrité que vous ne méritez pas, des richesses que vous avez menti ou volé pour obtenir. Ainsi par exemple, ça serait en phase avec ce que les grosses entreprises gagnent en bourse. Les TISA/TTIP [accord sur le commerce des services, partenariat transatlantique de commerce et d'investissement] et d'autres activités délictueuses se produisant derrière des portes closes.

Allez vous jouer en France, bientôt ?

Ce serait super ! J'aime Paris et la culture française. Nous aimons tous les fromage, le vin et la culture française, et si quelque nous appelle, nous serons là ! C'est tellement génial de jouer pour de nouveaux publics, et et nous aimerions que d'aucuns puissent apprécier notre musique en France. Si tu connais quelqu'un qui puisse nous organiser un concert, fais-nous le savoir !


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dimanche 19 juin 2016

ATLANTER - Interview (V.O.)


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The Norvegian band Atlanter, a sensational rock discovery.


One of the things you made me think of, listening to your album, is Genesis, and i thought that maybe it was time to put those progressive influences back in the realm of danceable rock... I like Efterklang, to which i associated you a bit in my review, for the same capacity to be addictive... What are your inspirations for the diverse and surprising guitar sound ? 

Ahh, thanks for thinking of Genesis while listening to our music! Genesis is a major inspiration for me, and for Morten (the bass player). I know Jens and Jonas probably like it too, but their taste for 60s/70s progressive music is not as strong as with me. We have quite diverse influences, but I don´t think anyone dislikes progressive rock, ha ha. I´m very inspired guitar-wise by melodic and progressive guitarists like Steve Howe and Steve Hackett. Also how Robert Fripp creates fluid lines has been very inspirational. What I think is the strongest and most unique aspect of Genesis, is their ability to create sections that evolve harmonywise in a way that is very organic. So I often think of their approach when creating music, and especially when improvising. When the groove can evolve simultanously with harmonic progressions is my favorite kick!

It seems that in that kind band, the drummer is the first element to pull the ever-changing ways of the music. What was his training to get to it ?

Jonas has got a masters degree in music, so he is educated enough. But I guess that he has played with so many different bands and constellations really has made him versatile. His way of grooving, being very loose but firm in the direction musically, makes him a great drummer for Atlanter-music.

How do you get successful nowadays ?

If we answer you on that, you will no doubt be fooled, ha ha. But if we define successful as doing what you want to do, something not defined by external parameters like record sales and such, I believe that if you follow your own unique calling and do what you feel is right for you, then you can´t go wrong. And that is a big personal success. Especially these days, when the temptation to be someone you are not, do something you really don´t want to do, is so overwhelmingly advertised, directly and indirectly, playing the music you most want to play is an act of success.

Does it takes to well define your sound for the listeners to understand were you come from and were yo go, or mystery is it an important part ?

Well, all four of us have a lot of differnt musical inspiration. But the most important part is that we are still able to play together, improvise and get a kick out of that. I think that is the most important factor. To enjoy playing together is the field from where refernces can pop out. Referneces just become empty words if it is not wrapped up in something fresh, and music played with inspiration is always fresh no matter the style or genre.

Do you read books, like the one by David Byrne, How Music Works ?

Yes, we baught in a book store in New York when we went there for a samll US tour a few years ago. I read the first part, but then I found it to be slightly boring although the information is very interesting. Another music book I really can recommend is "Supernatural Strategies for Making a Rock´n´Roll Group" by I.F. Svenonius! That is a great laugh and is the most truthful rendering of the history of popular music I have ever read!https://www.youtube.com/watch?v=nAq0RcKL45Q


Speeking of David Byrne, Jens Carelius seems to seek that strange charisma which Talking Heads took front stage, on Let it Fade for example... What is this song about ?

On Let it Fade, it´s actually me doing the vocal, so Jens is mostly doing some rhytmic stabs on the guitar (very Byrne-ish, yes). I wrote the lyrics to that one, and entered a state of mind that is the spiritual version of "House of the rising sun". It can be read as a love song between two people, or like the different parts of the same person evolving simultanously, but in leaps and in different ways.

I like that it has a humouristic feel to it, which is something we have from Talking Heads and Queen. I try to balance the tragedy and the comedy, he he.

Human vs Human is one of my favourites, for that expensive sound (chords...) and complex structure. How did you work on this song ? Is it taken from jams ? What is it about ?

That lyric is Jens´ work. He says that all his songs are love songs, so this one is no exception!

The song evolved from us playing together, just improvising. And Jens really liked the vibe of a recording from a jam, so he wrote some lyrics that went well with that feeling. I always have that feeling of driving a car in the middle of the night, with rain against the windows, when playing this song.

The instrumental section was improvised in the studio. We had the basic structure of the first part of the song. And we felt we wanted to take it further harmonically, so Jens and I quickly made a few harmonic structures, and then we did it really fast. One of my favourite moments on the album!

Why the album and song are called 'jewels of crime' ? It can read a bit like a provocative « jews of crime », when europe is again more and more folding on its supposed identity and rejecting the jews or minorities.

We didn´t think about that actually, until someone mispronounced it, and said "jews of crime". Oh my god, ha ha, that was not intended! No, jewels of crime is when you have aquired riches and fame that you do not deserve, or that you had to steal or lie to get. So for instance, it would fit very well with the earnings big companies make from global trade treaties. TISA/TTIP and other criminal activity happening behind closed doors, will result in great amounts of crimejewels...
Will you come to Paris to play soon ?

That would have been lovely! I love Paris, and french culture. We are all lovers of cheese, wine and french culture, so if anyone askes us, we will be there! It´s so great to play for new audiences, and would hope maybe someone could enjoy our music in France. If you know someone who might be interested in putting on a show with us, let us know! : )


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vendredi 17 juin 2016

NAP EYES - Thought Rock Fish Scale (2016)








O
lucide, apaisé, élégant
Indie rock

Thought Rock Fish Scale est un disque discret, humble, qui passerait inaperçu sans un tour sur le site de Paradise of Bachelors. C'est une nouvelle perle du catalogue de ce label, à qui on doit les rénovations de la musique traditionnelle américaine par Hiss Golden Messenger (cette voix!) et Steve Gunn. La musique du canadien Nigel Chapman, le songwriter de Nap Eyes, et de ses trois acolytes, est sèche et accrocheuse, à l'image du dernier morceau, qui termine le disque ainsi « trust, trust, trust, trust me ». La voix est assurée et posée, le chant parlé comme chez Lou Reed (une influence évidente sur cet album). Sa façon de chanter, de laisser traîner les syllabes, est effective, elle nous affecte et nous attache. 

S'il chante l'isolation, les erreurs passées, c'est en étant capable de tout remettre à plat pour l'avenir. «And i know something is wrong here / but you don't know what it is / Could it be me ? » La question est posée avec un flegme que ne renierait pas Stephen Malkmus (Pavement). En comparaison avec son premier album, Whine of the Mystic, était plus chaotique ; désormais, comme dans les derniers Bill Callahan, la batterie se résume à quelques hit-hat, à une expression minimaliste, pour mieux mettre en avant le détail et la lucidité touchante d'une homme avançant toutes proportions gardées. Il y a la volonté d'une poésie de restitution d'autres temps, d'autres lieux de liberté, mais comme en réduction. Cette modeste échelle donne aux mélodies leur limpidité, ceinte de guitare suave sur les refrains, comme si Chapman s'adressait directement à nous, en conversation.





lundi 13 juin 2016

OLD MOUNTAIN STATION - Shapes (2016)





O
Envoûtant, sensible
Indie rock, pop

Old Mountain Station connaît ses priorités. C'est d'être un groupe doux, et il changent en douceur, trois ans après un premier album réussi et remarqué. De subtiles touches électroniques émaillent la chanson-titre. Sa priorité, c'est aussi de faire de la pop, intense et bigarrée. Tout est lumineux, concis, arrêté sur quelques phrases. Hold On est un tout petit tube de deux minutes et demie, ce qui ne l'empêche pas d'avoir du caractère. C'est même le sujet de la chanson : faire du remue-ménage, attiser les polarités et les complémentarités entre les êtres, dans ce qui n'est pas réellement une chanson d'amour, moins que Crooked Miles, en tout cas.« There are so many ways to fuck up/si many ways to end up on your own ». L'amour : la lucidité et la lumière espiègle en plus.

Shapes plane au-dessus des gens, bienveillant, et jamais inutilement déterminé ; ses refrains indolents, hagards, peuvent pourtant bien nous servir de boussole. La voie ténue de Thomas Richet est faite pour l'exaltation intérieure. Il s'agit de graviter, de trouver l'équilibre, de sublimer l'élan vital, d'élargir les cercles autour de vies autrement trop circonscrites, ou si peu remarquables. Circles, c'est le non d'une chanson si caressante, si légère, comme une aile qui, en vous frôlant l'épaule, semble vous délester de vos soucis.

ELECTRIC CITIZEN - Higher Time (2016)





OO
Vintage, groovy, intense
Heavy metal, hard rock



Un quatuor de l'Ohio, rigoureux dans ses riffs et ses ambiances, mais aussi libérateur, avec un son que l'on croirait capté live. Le couple constitué de Laura et Ross Dolan nous aimante aussitôt : la première avec une voix tourmentée par le psychédélisme blues des années 70, le second par des riffs carrés et denses issus de la même crypte que de vieux Iron Maiden ou Black Sabbath (sur Natural Law) ou Led Zeppelin (Two Hearted Woman). On retrouve avec plaisir, en pleine ascension, un groupe déjà repéré avec Sateen (2012), une tornade dont l'urgence nous donne envie de nouveau de ne se vouer qu'à la musique, et de n'apprendre que de ce divertissement-là.

Electric Citizen comprend l'énergie du rock n' roll, ne cherche pas à la retenir ou à ménager des effets mais seulement à produire un flot irrépressible, ponctué de cymbale crash. Ça marche, peut être encre mieux qu'avec Christian Mistress, qui combine aussi des paroles personnelles et des chansons structurées de riffs heavy-metal malins. L'effet dramatique qui nous retient tout au long de l'album est assuré par la sincérité et l'implication de ce groupe au look vintage, ultra vigilant et rodé par des séries de concerts en ouverture de Pentagram ou Fu Manchu.

Forte de son expérience, Laura Dolan se verrait bien pilote d'un vaisseau supersonique, faisant tout son possible pour ne jamais perdre de vitesse ni d'altitude, avec succès. Son meilleur ressort : transformer son véhicule en parangon du space-rock sur la chanson titre. Elle est capable de suggérer une évolution temporelle et une traversée, de se projeter pour échapper à la frustration de ne subsister que dans une seule dimension. Entre les mondes, les claviers et la batterie ont un rôle de plus en plus vertigineux à jouer, comme sur Ghost of Me.
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