“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 28 septembre 2016

KOKOMO - Monochrome Love Noise (2016)





O
sombre, contemplatif, puissant
post rock

Voilà un album qui mérite d'être apprécié, même s'il est devenu difficile, depuis quelques années, d'impressionner dans le genre post rock, qui a rencontré des sommets avec Sigur Ros, pour ma part. C'est un disque bien conçu, avec des morceaux dynamiques, autour de sept minutes pour les mieux développés. C'est quintet allemand enregistrant son quatrième album, sans chant mais pas sans quelques voix qui participe de l'ambiance contemplative. Ainsi, ils n'ont pas peur d'affronter ce genre post rock pour lui insuffler un peu de vie, ou de non-vie, puisqu'il est quasiment question de zombies (I am Bill Murray n'est-il pas une référence à Zombieland?). La peur est un thèmes universel qui permet au groupe de considérer leur musique avec honneur, comme s'ils faisaient face à leur destin. Ils voient là l'occasion de produire une œuvre énigmatique et pleine d'une appréhension sourde, avec en fil conducteur une affaire de survie globale. L'être humain et son environnement progressent dans une harmonie fragile, en recul constant, que représentent ces quelques fleurs. Judith Hess est invitée à chanter "Wake up, hold up" sur le premier morceau, Pills & Pillows, tandis que l'avant dernier, hurlé, trahit l'érosion de l'optimisme, le passage de la lumière à l'ombre :" I push you down, I watch you die »... Kokomo sonne comme un groupe se composant et se découvrant à chaque étape de nouvelles ressources dans les deux extrémités du spectre de la vie.

On parle souvent de musique cinématique pour le post-rock, mais cependant les ambiances ne sont pas totalement visuelles : il reste à la fin de l'album des choses qui n'ont pas été montrées et donc irrésolues, tandis que l’auditeur s'est laissé gagner par la puissante enveloppante des guitares, de la basse ronflante, de cuivres parcimonieux (trompette trombone...) et d'une batterie qui maintient effectivement cette expérience dans le domaine de la musique - intense, changeante à défaut d'être vraiment surprenante, et qui parfois - notamment sur I'm Not Dead – dépasse nos espoirs. C'est dans les contrastes que ce disque s'affirme, lentement, quand sa simplicité apparente, à nos oreilles habituées, devient de la franchise, et la progression de chaque morceau se fait plus définitive. Ainsi, c'est une autre définition du rock instrumental que Kokomo apporte sans litanies ni fioritures.

https://kokomoband.bandcamp.com/album/monochrome-noise-love

HAMILTON LEITHAUSER & ROSTAM - I Had a Dream That You Were Mine (2016)




~
indie rock


Quand j'ai commencé à parler d'albums, je ne me souciais pas de savoir si je les écouterais encore un an plus tard. C'est moins le cas aujourd'hui, crois-je en écoutant ce disque. Un plaisir fugace, et comme la musique provoque toujours des émotions sans support, des émotions quasiment vaines hors de leur rôle de nous faire mieux vivre l'instant, l'existence de tels disques se justifie. Mais pas dans la durée, où I Had a Dream That You Were Mine s'avère décevant.

Le single A 1000 Times résume bien l'album : d'ailleurs le titre de celui-ci reprend assez péniblement l'une des phrases du refrain de cette chanson. Elle repose sur de petites astuces de production qui la font sonner incroyablement jeune et dynamique pour une chanson des années 50, ou presque. Déballant dès la première seconde les deux choses qui nous font légèrement craquer pour cet album – une mélodie entêtante et la voix d'Hamilton Leithauser – elle multiplie les pistes (vocales...) tout en restant la même rengaine insistante. « J'ai fait ce rêve mille fois », chante astucieusement Leithauser, et si l'on est convaincu par l'énergie de la chanson, elle sonne effectivement comme une redite. Le contenu lyrique de chaque chanson n'est pas à craindre ; Leithauser et Rostam Batmanglij y ont bien travaillé. Et l'album sait profiter de la capacité de son chanteur à endosser plusieurs personnalités, crooner ou rocker à la voix éraillée. Un bon moyen de réaliser la vanité de la démarche est d'écouter Rough Going (I Won't Let Up). La chanson n'a rien de 'rude' comme le titre pouvait le laisser penser, mais surtout la voix superposée en chorale de Leithauser sonne creux.

Bien sûr, il a pu parfaire son charme New-Yorkais et le son de ses guitares avec les Walkmen pendant des années, se détachant de l'ombre tutélaire de Bob Dylan avec une voix progressivement moins nasillarde, et apparaît aujourd’hui comme un artiste n'ayant plus beaucoup à prouver. Son charme est une paresse bien goupillée, capable de surgir à chaque fois qu'on s'y attend, ou presque. I Had a Dream That You Were Mine peut paraître malin en combinant ancien et moderne, mais ce n'est pas suffisant pour faire une musique qui reste crédible.

mardi 20 septembre 2016

SPIRIT ADRIFT - Chained To Oblivion (2016)




OO
intense, audacieux, lourd
doom metal, heavy metal


Quel que soit le style de musique, c'est toujours mieux lorsqu'on ressent pour l'artiste le besoin de remporter une victoire, de remplir un objectif. Peut-être encore plus quand il s'agit de metal, musique dramatique qui demande logiquement de lourdes intentions de la part de ceux qui la conçoivent. On sent chez Spirit Adrift la volonté de faire un album résolu, mais une œuvre dépassant toutes les espérances de son propre créateur. Mais à entendre Nate Garrett s'exprimer auprès de Matt Solisi pour le Decibel Magazine, il s'agit de félicité plutôt que de volonté. Après avoir vécu une période de troubles auprès de son père malade, et échappé à l'auto destruction par l'alcool à 27 ans, il se remettra à vivre avec un appétit énorme. «Je ressentais des émotions très intenses. Chaque jour était un voyage de l'esprit. Ainsi la première chanson [Psychic Tide] est sortie de moi. C'est comme si elle flottait dans l'espace et m'avait trouvé. Elle ne m'a demandé pratiquement aucun effort, je ne me souviens même pas clairement de comment elle s'est mise en place. » Fort d'une expérience dans deux autres projets, Gatecreeper et Take Over and Destroy, Garrett a décidé de tout réaliser de sa main dans ce nouveau défi. C'est ainsi qu'il s'est surpassé avec cet album, dont il a enregistré chaque instrument, guitare, basse, voix, batterie et piano.

La batterie est le nerf de la guerre. Deux morceaux, le premier et le dernier, démarrent par des mesures de batterie tellurique, de la part de Garrett et d'amis musiciens. C'est ainsi plusieurs batteries qu'on entend. Pour le reste, tout est venu presque à la stupéfaction du musicien, qui reconnaît n'avoir pas utilisé de tels effets de pédales ou la même façon de jouer auparavant.

A l'envie d'exorcisme, pour entrer dans le jargon de ce genre habituellement lugubre qu'est le doom, s'est ajoutée celle de rendre hommage à ses influences. Ce qui donne à l'album ce côté traditionnel, venu du fond des âges, qui se combine parfaitement avec le registre mélodique élaboré par Garrett. Il en parle avec détachement comme s'il n'était pas très sûr d'être l'auteur de Chained to Oblivion. « En y regardant du plus près, surtout du point de vue d'un guitariste, la musique semble combiner tout ce que j'aime dans ce que font Waylon Jennings, par exemple, ou Black Sabbath, Neil Young et Thin Lizzy. » Peut-être pas les groupes auxquels ont pense en écoutant sa musique, mais ce sont ceux qu'il écoute. Sur les photos, il arbore divers tee shirts à l'effigie du phénomène country Sturgill Simpson. Une référence plutôt chic, mais tandis que l'interview avance, Garrett apparaît comme un enfant plutôt gâté par sa situation familiale en Arizona. Le genre de gamin qui agit d'abord par loyauté.

« Je pense que la basse est probablement mon meilleur instrument. J'étais vraiment bon au piano ; j'ai commencé à prendre des leçons à 3 ans et j'ai participé à des concours. Mes grand parents avaient de grandes espérances et m'ont instillé une éthique de travail assez militante (et le font toujours), et je ne peux exprimer combien je leur suis reconnaissant pour cela. En fait, j'ai utilisé cet état d'esprit pour tout, particulièrement la batterie. Mes mains étaient en miettes de mai à octobre 2015. Et quant au chant, je pense que j'y suis arrivé grâce à la persévérance. Je suis confiant dans le fait que j'ai fait du mieux que je pouvais. »

Batteries et guitares produisent des mélodies irrésistibles de puissance et de rythme. Voire la fin de Marzanna pour cette densité, avec des guitares doublées à l'octave, tandis que la batterie repose sur un jeu de cymbales appuyant à merveille la rythmique. Des chœurs pourvus encore par Garrett viennent encore davantage porter l'emphase sur la mélodie. Form and Force vient ralentir légèrement le tempo et porter la puissance et la lourdeur du riff à son maximum. Et pourtant, rarement ce genre de metal parut si transcendant, éclairé. C'est aussi lié à ce que Garrett fait une autre entorse au genre ; plutôt que d’opter pour une voix morose, il montre, particulièrement sur Form and Force, une extase et une passion qui rehaussent l'aspect lugubre de la musique. Peu de chanteurs de métal avouent sans doute avoir appris à la chorale, étant jeunes. Ou sans doute n'ont t-il jamais besoin de justifier leur talent de chanteur, ce qui arrive aujourd’hui à Garrett. C'est si bien que lorsqu'il cesse de chanter, au milieu du morceau, on semble retomber soudain dans une mélancolie lyrique et musicale que son interprétation si magnétique avait réussi à chasser. La batterie et la basse en profitent pour retrouver leur prépondérance.

Si au début, Chained to Oblivion peut sembler décousu, c'est que la chanson titre est riche d’atermoiements. Par la suite, on a des modèles de construction, avec la chanson titre comme sommet, pleine de riffs pour headbanguer.



lundi 19 septembre 2016

WILLARD GRANT CONSPIRACY - Ghost Republic (2013)




OO
pénétrant, contemplatif, inquiétant
Americana, folk

Cet album, j'ai cru pendant une journée qu'il venait de paraître alors qu'il remonte à 2013 ! Mon histoire de Willard Grant Conspiracy s'arrêtait avec Paper Covers Stone (2009), un disque toujours demeuré dans ma mémoire pour son côté artisanal, franc-tireur de l'americana squelettique et surtout la prestation habitée de son chanteur et seul membre permanent, qui ressemble toujours plus à Scott Kelly (Neurosis) en solo. Dans une année où je découvrais Bill Callahan, Willard Grant Conspiracy s'est doucement installé comme l'autre valeur DIY à percer avec une version peaufinée de lui-même. Il y a ici comme sur Sometimes i Wish We Were An Eagle (2009, Callahan), la volonté de faire beaucoup avec peu, quelques mots répétés qui permettent à la poésie de bourgeonner progressivement, un arpège contemplatif se développant avec une lenteur naturaliste (Parsons Gate Reunion) tandis que The Only Child rappelle, violon inclus, Venus in Furs. La poésie et la façon de poser de Lou Reed peut être citée comme référence, là ou sur Piece of Pie et son lyrisme dense. La chanson titre est aussi inscrite dans ce style détaché, énumérant des choses sur le thème de « When i think of you... » et qui s'achève bien vite par cette concision : «...I think less of me ».

Ghost Republic est fondé sur l'interaction de Robert Fisher avec un artiste qui l'accompagne depuis plusieurs années, la violoniste David Michael Curry. En concert, il est capable de susciter des mélodies qui, comme les fantômes qui mettent l'inspiration poétique de Fisher à l'épreuve, ne prennent jamais vraiment corps, mais se suggèrent tout au plus. Sur l'album, sa contribution paraît au premier abord un poil timide, si l'on s'en tient aux mélodies. Ce qui contribue, et ce n'est pas un mal, à souligner le côté errant et farouche de l'album, qui m'a évoqué Daniel Johnston.

Pour revenir à ma méprise concernant la date de parution de l'album, ce n'est n'est pas innocent, à un moment ou je m'interroge sur la transversalité des époques et des temps, et comment une histoire peut être racontée et interprétée depuis une époque ou elle n'a pas encore eu lieu, ou bien retrouvée par un narrateur qui s'en improviserait le contemporain alors qu'elle a été vécue voici bien longtemps auparavant, dans une vie qui n'a pas été achevée. Fisher médite, et sa poésie confine parfois à la transe. Ghost Republic fonctionne sur les murmures et les voix dans sa tête (Good Morning Wadlow).

L'album nous embarque dans une dérive hallucinante au cœur du désert Mojave fantasmé, car Robert Fisher y vit depuis 2006. Les vivants, les morts se rencontrent et les détails de leurs divagations prennent un relief épineux et tragique comme un cactus solitaire. Cela peut prendre la forme d'une paire de bottes abandonnées. La plus grande désolation est atteinte avec The Early Hour, un instrumental où le feedback de l'alto ne se veut plus mélodique mais capable de faire froid dans le dos, même dans celui de Fisher, on imagine. C'est là que le talent de David Micheal Curry s'affirme le mieux. Si l'objectif de l'album était de créer une ambiance poisseuse qui ne vous lâche plus, il y parvient après presque trente minutes où la poésie et l'instrument se sont tournés autour de façon tentative. A la fin, la voix de Fisher a gagné de ses vibrations notre épine dorsale.

dimanche 18 septembre 2016

COURTNEY MARIE ANDREWS - Honest Life (2016)




OO
lucide, lyrique, élégant

folk, bluegrass

On attendait cet album en 2015 ! Mais on devine quelle difficulté il y a pour une artiste, avec le sentiment que sa maturité artistique est venue, à se convaincre d'enregistrer et produire sans autre support que des amis musiciens réunis pour l'occasion un album à la hauteur du potentiel. « C'est difficile quand vous commencez si jeune, car vous êtes passionné et vous avez tendance à vouloir faire écouter toutes les chansons que vous écrivez. Mais je n'y étais pas encore. Les deux dernières années, sont celles où j'ai vraiment eu l'impression de trouver ma singularité. » Remisés, alors, seront les précédents albums, On My Page (2013), No One's Slate is Clean (2011) et For One I Knew (2010), qui suscitaient pourtant déjà l'admiration. Honest Life se résume à ces mots, recueillis par Stephen Deusner pour le Webzine The Bluegrass Situation : « Je pense que j'ai finalement compris comment écrire ». 

Dans ses expériences passées, dans l'accompagnement d'autres musiciens et le développement de sa propre écriture, la songwriter a appris à enrichir le répertoire universel des chansons folk, capables de voyager autant que Courtney Marie Andrews elle même l'a fait, depuis sa naissance en Arkansas en 1991. Des chansons qui doivent trouver un sens autonome et être suffisamment bonnes pour se trouver interprétées par d'autres, dans dix ans, cinquante ans. Qui n'ont pas besoin des artifices que les producteurs contactés lui proposaient. Il y a un sérieux dans l'entreprise que la pochette de l'album traduit bien : la volonté de se présenter avec une franchise définitive, jusque dans le fond de ses capacités artistiques, c'est à dire sentimentales et intuitives.

Honest Life est, on l'espère un peu, un album qui devrait amener plus souvent le nom de Courtney Marie Andrews dans les conversations des pourvoyeurs de musique et pas seulement des chanceux qui on pu la voir en concert. Là, de passage deux ans plus tôt en France, elle n'était déjà plus au stade de l'essai. Elle sait que tout ne vient pas d'un coup ; mais quand elle reconnaît, sur Rookie Dreaming, la difficulté qu'il y a à donner le meilleur de soi même, elle nous persuade qu'un pas a été franchi. Honest Life se caractérise dès lors par une maîtrise (vocale, remarquablement) dont l'ostentatoire s'efface derrière un sens concret et lumineux. Les paroles sont celles d'une jeune femme qui refuse d'être instrumentalisée, dans des relations où on ne la comprenne pas. Elles sont directes, familières et nous incitent à aller mieux. Elle chante avec un calme détonnant pour quelqu'un conscient que la seule chose qu'on s'imagine faire dans la vie peut souffrir d'un revers. Il y a une force impassible, elle parvient à nous faire croire que « c'est la vie » et ne cherche plus à provoquer la colère ou la pitié de personne.
Les détours de ces chansons sont ceux qui vous permettent, sous la claire influence des toutes choses formelles, la voix forte et engageante et les thèmes country-folk authentiques, de redessiner votre propre vie émotionnelle, que ce soit pour s'élancer dans une allée droite ou pour louvoyer encore. On se prend à croire que la jeune femme, encore dans sa vingtaine, puisse utiliser à dessein le futur antérieur, comme un subterfuge. « Tout ce que j'aurai voulu c'est une vie honnête/et devenir la personne qui se trouvait vraiment au fond de moi. » On veut croire ses chansons de belles expériences temporelles, qui ont le pouvoir d'être hier, aujourd’hui, demain.

samedi 17 septembre 2016

MOTHERS - When You Walk A Long Distance, You Are Tired (2016)


O
poignant, envoûtant, sensible
indie rock 

Un album qui restera rare, dans la mesure où seul un pressage vinyle a pour l'instant été fait – et épuisé. La voix de Kristine Leschper se rapproche de celle d'Angel Olsen ou de Sharon Van Etten, mais cette comparaison ne remet pas en cause son identité et la force de sa volonté. Elle a monté cet incroyable groupe à Athens (Georgie), dont le son capable d'une beauté formelle éloignée de l'indie rock plus débraillé est pourtant capable de revenir dans le giron de ce que leur producteur Drew Vandenberg a l'habitude de monter, avec Deerhunter notamment (Copper Mines). 

Il y a une forme de jusqu'au-boutisme dans cet album. S'il ne contient que huit chansons, la maîtrise du groupe lui permet de les agencer comme un parcours sensoriel sans issue, depuis l'introspection la plus revancharde, comme sur le très rock Lockjaw, jusqu’à la félicité d'une légèreté soudaine dans le vibraphone de Burden of Proof

 C'est un cycle où on ne croit jamais les douleurs apaisées pour de bon. On se retrouve avec le plaisir coupable d'entendre des choses comme « You Love me mostly when i'm leaving » ou d'autres phrases dépréciatives tout en sachant que Leschper n'a sans pas encore débouché sur ses idées les plus noires. Mais l'intensité de son timbre, parfois bordé de choeurs spectraux (sur le glaçant Blood Letting) justifie cette plongée vers une poésie si peu réparatrice et fait de Mothers l'une de plus fraîches découvertes du genre cette année. 

Sans compter sur les sublimes guitares, comme en témoigne le mieux la dernière minute de Hold You Own Hand : nommée ainsi comme pour signifier que l'apaisement restera solitaire et désolé, et qui fait culminer dans une dernière lamentation de plus de sept minutes ce disque à couper le souffle d'intensité.  


http://mothersathens.bandcamp.com/

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...