“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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dimanche 9 avril 2017

R STEVIE MOORE & JASON FALKNER - Make It Be (2017)




O
ludique, extravagant, vintage

Power pop, lo-fi

Un album qui agite les neurones et donnera envie à ce qui ne le connaissaient pas de sonder R Stevie Moore - ou pas. Dans sa cinquième décennie de musique, le chantre de l'amateurisme pop, dont certaines mélodies ont été capables de rivaliser avec les groupes les plus doués, mérite sa place dans votre set-list. Il s'occupe seul, ne demande presque pas de soins. Et il peut ramener à la maison un ami de temps à autre. Une fois que vous aurez fait l'expérience du résultat, vous n'aurez plus rien contre. L'un pondéré et l'autre hyper spontané, encore précoce à son âge, la paire Falkner/Moore semble profitable aux deux d'entre eux, et en résulte un album qui ne se résout jamais. « I accept the risk of nocturnal emissions. » chante Moore sans bonhomie, pour une fois, sur le monocorde That's Fine, What Time ?

Make it Be passe avec vous un contrat de réciprocité que vous seriez bien en veine d'accepter. Ou bien ça vous ferait rater I Am The Best For You, capable de dresser les cheveux sur votre tête. Falkner use au mieux de l'excitation de Moore en lui adjoignant des power-chords. Ce n'est comparable à rien de charitable, mais ils ne sont pas là pour s'excuser. La participation de Falkner s'apparente tout du long à une forme de connivence enchantée, voir par exemple Another Day Sleeps Away. Ailleurs, le pastiche ridicule de Stamps précède l'excellent pouvoir sixties de Horror Show, à écouter aussi fort que les Who pour chasser les forces du mal tentant de s'installer face à chez vous (sous forme d'affiches hideuses préparant l'élection présidentielle). Dans ces cas là, on a toujours envie de voter pour le plaisir de l'instant.

R Stevie Moore puise sa meilleure énergie dans la décennie de la libération sexuelle, et joue du contraste de toutes ces libertés suggérées et de paraître un nerd enfermé dans sa chambre en train de compulser sa guitare et l'informatique musicale. La culture du sample et du loop l'avait éloigné peu à peu de l'écoutable. Il démontre qu'il sait toujours faire dans l'ambivalence avec le très réussi I Love Us, We Love Me. Il ne change pas sa manière de procéder : s'il a envie de caser une reprise de Huey Piano Smith and the Clowns sur son album, il le fait. Don’t You Just Know It nous ramène à la fête et à la rue mieux que les Doors de Strange Days, et montre un disque bien nommé, faisant exister le tracklisting absurde que d'autres ont à peine osé imaginer.

Inutile d'être trop précis quant à qu'il convient de dénoncer, noblesse et respectabilité, quand on est capable de finalement faire converger l'auditeur, par des mimiques et l'énergie consumée, dans une sphère intime où se devine la révérence profonde envers des groupes comme Big Star et Thunderclap Newman. Même dans le lo-fi, cette classe au son écorché, les chansons ont la possibilité de devenir intemporelles si elles sont bien conçues à l'origine. En témoigne Play Myself Some Music, réenregistrée maintes fois par Moore et reprise ici par Falkner. Elle est la preuve ravivée du triomphe de cette esthétique pop différente.

« We got to get out of here if it's the past thing we ever do ! » braille Moore d'une voix de pochard. Politique, paranoïa, pollution, tous les sujets ennuyeux présumant la disparition lente et certaine de notre humanité sont moqués comme d'affreuses bondieuseries. On perdrait notre temps à argumenter. Il y a un esprit de fun et de liberté, une envie de tout bazarder qui nous gagne, dès l'entrée en matière I H8 PPL (lire I Hate People) et c'est un sentiment enivrant.

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